Un ingénieur hydraulicien réclame la création d’une institution chargée de l’eau au sein des Nations unies
Un ingénieur hydraulicien réclame la création d’une institution chargée de l’eau au sein des Nations unies

SENEGAL-MONDE-DEVELOPPEMENT

Dakar, 20 fév (APS) – L’ingénieur hydraulicien sénégalais et président du Partenariat régional sur l’eau en Afrique de l’Ouest, Abdoulaye Sène, réclame, dans une interview avec l’APS, la création d’une institution chargée de l’eau au sein des Nations unies.

‘’L’eau n’a pas de maison dans le système onusien, comme en ont l’agriculture, la santé et le travail […] En 2024, le secrétaire général des Nations unies a décidé de nommer une envoyée spéciale chargée de l’eau […] Elle est en train de faire le portage de l’eau pour lui donner plus de dimension politique’’, a signalé M. Sène.

Il s’agit de Retno Marsudi, une diplomate et ancienne ministre indonésienne des Affaires étrangères.

‘’Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin et créer une institution spécialisée, qui se charge de l’eau, à l’instar de l’OMS pour la santé, de la FAO pour l’agriculture et de l’UNESCO pour le savoir et la culture, une institution qui ne s’occupe que de l’eau’’, a plaidé Abdoulaye Sène, un membre également du comité de pilotage international du Partenariat mondial de l’eau.

Les Nations unies ont créé ONU-Eau, un mécanisme de coordination dédié à l’eau et à l’assainissement.

Mais les enjeux politiques, économiques, environnementaux et diplomatiques que recouvre cette ressource naturelle dépassent les compétences de cette structure onusienne, laisse entendre M. Sène.

‘’Je pense que les Nations unies sont en train d’y travailler, que l’envoyée spéciale des Nations unies y travaille également. Je pense que la conférence des Nations unies sur l’eau, prévue en décembre prochain, sera une occasion pour le Sénégal, par exemple, de plaider pour la création de ce mécanisme-là, qui va permettre à l’eau d’avoir sa maison et d’être mieux gérée’’, a-t-il ajouté.

‘’A-t-on a le droit d’assoiffer des gens ? […] Est-ce qu’en Israël, on a le droit de détruire des systèmes d’alimentation en eau, des usines de dessalement ? […] Il y a des règles générales, mais il va falloir mettre en place des mécanismes réglementaires et institutionnels, afin que l’eau, qui est un droit humain et un levier de coopération, puisse contribuer à une humanité solidaire’’, a dit Abdoulaye Sène.

À son avis, une institution spécialisée, au sein des Nations unies, peut servir de cadre à ces ‘’mécanismes’’.

‘’L’eau est une donnée de plus en plus importante de la géopolitique globale. Les pays qui partagent les ressources d’eau vont devoir se parler, développer des projets communs et de la solidarité’’, a ajouté l’ingénieur hydraulicien.

‘’Aujourd’hui, a-t-il affirmé, ce que le monde entier a compris, c’est que les conférences sur l’eau doivent se tenir le plus régulièrement possible […] pour évaluer les progrès et identifier les contraintes.’’

ESF/MFD/AKS