SENEGAL-SOCIETE-ASSAINISSEMENT
Par Abibou Ndiaye
Touba, 28 juil (APS) – L’Office national de l’assainissement du Sénégal compte sur bassin de stockage de grande capacité à système gravitaire pour le drainage des eaux pluviales à Touba, un ouvrage qui pourrait contribuer à résoudre jusqu’à 80 % des problèmes d’inondation de la cité religieuse.
Le chef du service du service départemental de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) de Touba-Mbacké, Moustapha Rahim Wilson, présente cet ouvrage comme une infrastructure majeure dans la stratégie de gestion des eaux pluviales dans la capitale du mouridisme.
Sur le site des travaux, les équipes techniques de l’ONAS et de l’entreprise chargée de l’exécution du projet étaient à l’œuvre lors du passage de l’APS, à quelques jours du Grand Magal de Touba, prévu le 2 août prochain.
“Ce bassin est le plus important de tous les bassins que nous réalisons actuellement. Il s’agit d’un bassin de stockage de grande capacité destiné à recevoir les eaux pluviales avant leur évacuation gravitaire vers l’aval”, a-t-il expliqué.
Selon lui, ce projet se distingue des aménagements précédemment réalisés dans la ville.
“Avant, nous disposions principalement de stations de pompage qui fonctionnaient sous pression. Aujourd’hui, nous avons opté pour une solution gravitaire, plus durable et plus efficace pour l’assainissement des eaux pluviales”, a-t-il indiqué.
Pour le responsable de l’ONAS, ce projet représente le chantier le plus stratégique engagé dans la capitale du mouridisme.
“Si nous réussissons ce projet, nous pouvons dire que nous aurons résolu entre 70 et 80 % des problèmes liés au drainage des eaux pluviales de Touba”, a-t-il affirmé.
Il a toutefois reconnu que les travaux restent confrontés à des contraintes susceptibles d’affecter le calendrier initial.
“L’entreprise nous a assuré qu’elle vise une livraison vers la fin du mois de juillet. Nous savons néanmoins que ce type de travaux est complexe et que les délais sont particulièrement serrés”, a-t-il ajouté.
Les autorités techniques restaient néanmoins confiantes et des solutions alternatives sont étudiées.
“Même si les travaux ne sont pas totalement achevés, nous avons prévu des solutions alternatives pour assurer le bon déroulement du Magal et limiter les impacts sur les populations”, a assuré M. Wilson.
Éviter des inondations de l’ampleur des précédents hivernages
Le chef du service départemental de l’ONAS dit espérer que les populations ne connaîtront pas cette année les difficultés enregistrées lors de certains hivernages précédents.
“Nous souhaitons éviter les situations de stagnation des eaux qui avaient parfois obligé des familles à quitter leurs habitations. Nous nous préparons pour que cela ne se reproduise pas”, a-t-il déclaré.
Il estime que la mobilisation des moyens déjà déployés, conjuguée aux travaux réalisés depuis l’année dernière, devrait permettre de relever ce défi.
“Les dispositifs qui avaient été mis en place l’année dernière sont toujours disponibles et ont donné entière satisfaction. Avec les nouvelles infrastructures réalisées depuis lors, nous sommes confiants”, a-t-il insisté.
Moustapha Rahim Wilson a également salué les efforts financiers consentis par l’État pour renforcer les infrastructures d’assainissement de la ville de Touba.
“Quinze milliards de francs CFA ont été injectés dans ce projet. Cela peut paraître insuffisant au regard de l’ampleur des besoins, mais l’État poursuit ses investissements chaque année parce qu’il considère ce programme comme un projet phare pour Touba”, a-t-il souligné.
Selon lui, la poursuite de ces investissements devrait permettre, à terme, d’apporter une solution durable aux problèmes récurrents d’inondation.
Relancer le réseau d’eaux usées
Au-delà du drainage des eaux pluviales, le responsable de l’ONAS a insisté sur la nécessité de relancer le projet de réseau d’assainissement des eaux usées, actuellement à l’arrêt.
“C’est un véritable cri du cœur. Si ce réseau fonctionnait, même à 50 % de ses capacités dans les zones concernées, nous n’aurions pas autant de problèmes d’inondation”, a-t-il soutenu.
Il a rappelé que le projet avait été ralenti par des difficultés imputables à l’entreprise chargée de son exécution.
‘’Des problèmes avaient été identifiés avec l’entreprise. Une solution avait pourtant été trouvée pour permettre la reprise des travaux, mais le projet n’est toujours pas opérationnel. Nous demandons sa réactivation rapide”, a-t-il dit, avant de marteler : “Notre devoir est de protéger les population”.
D’après Moustapha Rahim Wilson, qui évoque à propos une motivation personnelle, la protection des populations demeure la principale source d’engagement des équipes de l’ONAS.
“Voir une seule maison envahie par les eaux est déjà une situation difficile à accepter. Notre mission est de tout mettre en œuvre pour éviter que les populations souffrent de ces désagréments”, a-t-il déclaré.
“Nous travaillons pour la satisfaction des populations et pour que le Grand Magal se déroule dans les meilleures conditions possibles”, a-t-il poursuivi.
Les travaux d’assainissement engagés dans le cadre du programme de drainage des eaux pluviales de Touba progressent à un rythme jugé satisfaisant à Touba, a de son côté fait observer le sous-préfet de l’arrondissement de Ndame, Djidiack Kital.
L’autorité administrative a indiqué avoir effectué, il y a quelques jours, une tournée de terrain avec les services techniques, les sapeurs-pompiers et plusieurs organisations communautaires, afin d’évaluer l’état d’avancement des chantiers.
“Nous sommes en train de prendre les devants pour éviter les situations d’inondation connues les années précédentes”, a-t-il fait remarquer.
Selon lui, les travaux en cours s’inscrivent dans un vaste programme piloté par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement visant à améliorer durablement l’évacuation des eaux pluviales dans la ville sainte.
Le sous-préfet a reconnu l’existence de certains désagréments causés aux populations, notamment des coupures d’eau, des dégradations du réseau ou des dommages constatés sur certaines habitations.
Il a toutefois assuré que les entreprises concernées avaient reçu instruction de procéder aux réparations nécessaires et d’accompagner les ménages affectés.
En parallèle, les opérations de curage des caniveaux ont déjà démarré sous la conduite de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) et de la commune de Touba Mosquée.
“Tous les acteurs sont mobilisés pour que les questions d’assainissement trouvent une solution avant les fortes pluies”, a insisté M. Kital.
Aussi les autorités en charge du secteur de l’assainissement fondent-elles de grands espoirs sur ce bassin de stockage, considéré comme l’une des principales réponses structurelles aux défis récurrents des inondations dans la capitale du mouridisme.
AN/BK

