Dakar, 11 déc (APS) – Le déni historique et le complexe d’infériorité sont les facteurs mis en exergue par le directeur régional du Timbuktu Institute, Dr Bakary Sambe, pour expliquer la persistance du phénomène de l’esclavage dans certaines sociétés ouest-africaines.

”Il existe un déni historique et un complexe d’infériorité qui ne nous aident pas dans la sous-région à sortir du phénomène de l’esclavage’’, a-t-il dit. Le Dr Sambe intervenait lors d’une table ronde organisée par l’ONG TrustAfrica en format présentiel et en ligne sur la situation des communautés victimes de discrimination basée sur l’ascendance et l’esclavage (CDWD) en Afrique de l’Ouest.

Ce panel hybride a enregistré la participation de plusieurs spécialistes et chercheurs de la sous-région, notamment du Sénégal, du Mali, de la Mauritanie, du Niger.

Selon Bakary Samb, ce “déni historique” s’explique par les barrières socio-culturelles qui existent dans l’esclavage arabo-musulman, par exemple. ‘’Ce phénomène a des conséquences au niveau de la sous-région. On est beaucoup plus à l’aise à parler de l’esclavage occidental, mais on fait toujours un déni sur l’esclavage arabo-islamique’’, a-t-il soutenu.

Le chercheur a invité à lutter contre cette situation, estimant que c’est un problème de taille pouvant entrainer l’enrôlement des populations par des groupes radicaux. ‘’Il faut accepter de réinterroger nos sociétés sur ce phénomène de l’esclavage. Nous avons nous-mêmes une grande part de responsabilité dans la mesure où nous ne voulons pas évoluer à cause des inégalités et du complexe’’, a-t-il souligné.

Il a mis en exergue plusieurs facteurs qui favorisent la persistance de l’esclavage dans des sociétés ouest-africaines, notamment le tabou et la religion. Selon lui, la religion est parfois utilisée pour justifier ou perpétrer ce phénomène dans la sous-région.

La Fondation TrustAfrica et ses partenaires ont organisé une table ronde en format présentiel et en ligne sur la situation des communautés victimes de discrimination basée sur l’ascendance et l’esclavage (CDWD) en Afrique de l’Ouest.

Les panels ont été animés par Dr Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu institute, Raichatou Wallet, vice-présidente de l’Association Temedt (Mali), Brahim Ramdane, président de la Fondation Sahel (Mauritanie), Woré Ndiaye, écrivaine, essayiste et spécialiste en transformation des conflits et Dr Moussa Zangaou, sociologue, chercheur universitaire, (Niger).

La journée internationale pour l’abolition de l’esclavage est célébrée en décembre, signalent les organisateurs, relevant que ”cette célébration se tient dans un contexte particulier, marqué par la montée de l’extrémisme violent, des coups d’Etat, d’une situation sanitaire mondiale dégradée, des violations de droits humains,  de la pauvreté, de l’émigration et de changement climatique”. Selon eux, ”cette situation impacte considérablement la vie des communautés victimes de la discrimination basée sur l’ascendance et l’esclavage (DWD)”.

Ils rappellent que, le 25 juillet dernier, lors de l’examen de la situation politique, sécuritaire et humanitaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel, le Conseil de sécurité de l’ONU avait donné la parole respectivement au représentant spécial du secrétaire général pour ces régions et au président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Leonardo Santos Simaõ et Omar Alieu Touray.

Si ces deux responsables onusiens avaient ”tour à tour salué la tenue dans le calme de plusieurs élections”, ils avaient toutefois exprimé ”leur préoccupation quant à l’aggravation de l’insécurité et la situation humanitaire dans la zone”.

Ils estiment que ”les conséquences qui en découlent risquent de plomber tous les efforts déjà consentis avec le nombre important de personnes déplacées, exécutées, persécutées ou violentées dans le Sahel et les pays côtiers”.

Pour la Fondation TrustAfrica et ses partenaires, ”dans un pareil contexte, la violation des droits des communautés victimes de la discrimination basée sur l’ascendance et l’esclavage (DWD) devient plus fréquente et violente et les dynamiques qui les sous-tendent se complexifient”.

AMN/OID/ASG

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