Un chercheur évoque l’avènement d’un ordre international oscillant entre actions unilatérales et stratégies de négociations
Un chercheur évoque l’avènement d’un ordre international oscillant entre actions unilatérales et stratégies de négociations

SENEGAL-MONDE-POLITIQUE-ANALYSE

Dakar, 23 avr (APS) – Le chercheur sénégalais Mountaga Al Karim Diagne entrevoit, à la lumière des évènements secouant actuellement le monde, l’avènement d’un nouvel ordre international dans lequel les plus forts seront amenés à entreprendre des actions unilatérales tout en tentant de recourir, en fin de compte, à des stratégies de négociations et de médiation pour imposer leurs vues.

“Tout se passe aujourd’hui comme si on était en train d’assister à l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui renvoie au contexte ayant prévalu à l’entre-deux-guerres en termes d’enjeux économiques et de jeu des alliances’’, a-t-il déclaré l’APS.

Dans un entretien accordé à l’agence publique d’information du Sénégal (APS), à la veille de la célébration de la Journée internationale du multilatéralisme, le spécialiste en géopolitique estime que ce qui se passe en République islamique d’Iran est symptomatique de cet état de fait.

“Les Etats-Unis sont intervenus d’un point de vue militaire et économique mais on voit en fin de compte qu’ils s’efforcent en même temps de donner des ultimatums et de développer des stratégies de négociation”, a-t-il fait valoir.

Il signale qu’en dépit du rapport de force militaire, les Etats-Unis ont, à plusieurs reprises, tenté d’impliquer d’autres pays dans la crise née du déclenchement d’une vague de frappes israélo-américaines sur l’Iran.

“Personne n’a intérêt à ce que le système du multilatéralisme s’effondre. Si cela arrivait, ce sont les Etats militairement forts qui décideraient”, a affirmé le fondateur du cabinet MLK Global Strategies, évoquant également l’Ukraine, devenu un théâtre d’affrontement entre la Russie et l’Occident d’une certaine manière.

Il a insisté sur le fait que l’effondrement du système multilatéral risquerait d’engendrer des guerres sans fin et pourraient favoriser l’entrée en jeu d’acteurs jusque-là restés en marge.

“Quels que soient les rapports de force, on est en fin de compte obligé à un moment donné de venir à la table des négociations et de jouer sur les médiations”, a-t-il tranché.

Tout compte fait, Mountaga Al Karim Diagne considère qu’un glissement est en train de s’opérer vers un ordre international dans lequel les plus forts entreprennent des actions unilatérales pour pouvoir influer sur la marche des choses, mais en même temps cet ordre serait obligé de s’ajuster à travers la négociation, une des caractéristiques du multilatéralisme.

AKS/BK