SENEGAL- MEMOIRE-ENJEUX
Dakar, 12 juin (APS)- L’Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (ASBAD), a démarré, jeudi, de concert avec la direction des archives du Sénégal, un atelier de deux jours consacré à la sécurité des archives et la cybersécurité.
Ce projet dénommé “ARCHIPROTECT” ambitionne de doter les professionnels de l’information “d’outils concrets pour faire face aux menaces physiques et cybernétiques grandissantes et ainsi mieux sécuriser la mémoire documentaire et juridique du Sénégal”, a-t-on appris des initiateurs.
Organisée dans le cadre de la Semaine internationale des Archives célébrée le 9 juin de chaque année , cette édition 2026 porte notamment sur le thème: “ArchivesPourLaJustice : droits, mémoire et avenirs’’.
Elle a été marquée par une cérémonie de prestation de serment des professionnels des archives, de la bibliothèque et de la documentation au Tribunal de Grande Instance de Dakar.
Cette rencontre de deux jours soutenue par le Fonds International de Développement des Archives (FIDA/ICA), devrait constituer “un socle à l’élaboration des futures normes nationales de sécurité intégrées à la stratégie de l’État, en même temps qu’elle permet une mise à niveau technique des agents issus des ministères, des universités et des collectivités territoriales”, indique-t-on.
‘’Archiver est avant tout un acte juridique’’, a insisté le directeur des Archives du Sénégal, Mohamed Lat Sack Diop, faisant allusion au rôle pivot et régalien des archives.
Les questions archivistiques dépassent, selon lui, ‘’la simple dimension administrative’’.
‘’Le patrimoine documentaire sénégalais est en danger’’
‘’Les archives ne sont pas de simples papiers ou octets stockés, mais représentent les preuves de nos actions, les garantes de nos droits et les témoins de notre histoire’’, a encore fait valoir l’universitaire mettant en exergue ce qu’il appelle ‘’la relation symbiotique unissant la gestion documentaire et l’administration de la Justice’’.
L’enseignant chercheur à l’école des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l’UCAD indique également que ‘’toute altération ou perte documentaire ampute directement la capacité de l’État à rendre compte et, par conséquent, fragilise la quête de la vérité’’.
Il s’est aussi attardé sur la dynamique engagée depuis l’année dernière allant dans le sens de renforcer l’identité et la visibilité de la direction des archives du Sénégal en passant par la dotation d’un nouveau logotype et le lancement du premier site web de la structure.
Ce changement de paradigme implique également le lancement en janvier 2026 des travaux de la future ‘’Stratégie Nationale de Gouvernance des Archives (SNGA) 2026-2030’’, a-t-il relevé.
Il en est de même avec le déploiement depuis mars dernier d’un vaste projet avec Sénégal Numérique SA pour concevoir une plateforme d’archivage électronique robuste ainsi que la mise en place d’un comité dédié à la refonte globale du cadre juridique relatif aux archives.
‘’Le patrimoine documentaire sénégalais est en danger’’, a martelé le président de Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes, Assane Fall, citant une étude réalisée en 2024.
Ce travail a révélé que 63,8 % des personnes interrogées pointent un manque criant de sensibilisation, tandis que 45,4 % dénoncent des infrastructures inadéquates face à l’humidité, au vandalisme ou aux incendies, selon M. Fall.
Le président de l’ASBAD faisait allusion aux cas de saccage du centre de documentation de l’OMVS à Saint-Louis en 2020 ou l’incendie des archives comptables de la LONASE de Pikine en 2023.
Il s’y ajoute selon lui, une ‘’criminalité numérique agressive’’, relativement aux attaques informatiques ayant ciblées ces dernières années des institutions stratégiques comme des administrations chargées de l’état civil, de la fiscalité et de la comptabilité publique.
MF/SMD/MTN
