SENEGAL-GENRE


Trois agences du système des Nations unies dénoncent ‘’l’excision collective’’ de 11 filles à Goudomp

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Dakar – 27 fév (APS) – UNICEF, UNFPA et ONU Femmes, à travers un communiqué transmis à l’APS, dénoncent l’excision collective d 11 fillettes âgées de cinq mois à cinq ans  dans le département de Goudomp, région de Sédhiou (Sud).

Les trois agences du système des Nations Unies s’alarment que ces pratiques néfastes continuent d’être perpétrées avec la complicité de certains membres de la communauté, malgré les efforts menés par le gouvernement.

Bien qu’aucune interpellation n’ait été faite à ce jour, les trois agences du Système desNations Unies saluent le travail des forces de l’ordre et des services de protection de l’enfant et de la santé, ainsi que l’engagement des personnes qui ont dénoncé ces crimes et permis d’identifier les victimes, relève le texte.

‘’L’excision n’est pas seulement une atteinte à l’intégrité́ physique des filles, c’est une négation de leur avenir. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette pratique qui vole à des filles de plus en plus jeunes leur enfance et leur bien-être. Il est temps d’unir nos forces pour que plus jamais une fille ne subisse cette violence », a souligné Jacques Boyer, représentant de l’UNICEF au Sénégal cité dans le texte.

Le communiqué conjoint rappelle que l’article 7 de la Constitution du Sénégal prévoit la protection de toutes les personnes contre toutes les mutilations physiques.

Citée également dans le communiqué, la représentante d’ONU Femmes au Sénégal, Arlette Mvondo a relevé qu’il est ‘’inconcevable qu’une violation aussi grave des droits fondamentaux des filles ait lieu dans un pays pionnier dans la lutte contre les MGF [Mutilations génitales féminines]’’ .

‘’Un tel retour en arrière est impensable, sachant que l’excision porte atteinte à l’intégrité physique, à la santé, et à l’avenir des filles, et compromet leur dignité. Mettre fin à cette pratique est une nécessité pour garantir l’égalité des chances et le respect des droits humains’, a-t-elle ajouté.

Les trois agences appellent à ‘’un sursaut collectif pour que plus aucune fille n’ait à subir de MGF au Sénégal. Ils comptent ainsi sur l’engagement du Gouvernement pour poursuivre les auteurs et complices et faire appliquer la loi’’.

‘’A cinq années de l’échéance des ODD de 2030, un seul cas est de trop ! Ceci est intolérable et inexcusable. Il est impératif de prendre nos responsabilités afin qu’aucune fille ne subisse encore ce sort, et pour atteindre notre objectif commun de mettre fin aux mutilations génitales féminines au Sénégal’’, a noté pour sa part Tracey Hebert-Seck, Représentante de UNFPA au Sénégal.

Le communiqué rappelle, par ailleurs, que le Sénégal a joué un rôle précurseur dans la région en adoptant dès 1999 la loi 99-05, qui incrimine non seulement la perpétration, l’instigation, la préparation et/ou l’assistance à un acte de MGF mais aussi le non-signalement d’incident lié à une MGF ainsi que la pratique transfrontalière de MGF.

Au Sénégal, près de deux millions de filles et de femmes ont subi des MGF. 12.9% des filles âgées de moins de 15 ans sont excisées, 8 sur 10 avant leur cinquième anniversaire et rarement après 10 ans.

CMS/ADL/ABB

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