SENEGAL-ENERGIE
Kaolack, 14 oct (APS) – Le Sénégal ambitionne de porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans son mix électrique à l’horizon 2030, dans le cadre du Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP), soutenu par des partenaires internationaux à hauteur de 1640 milliards de francs CFA, a indiqué, mercredi, à Kaolack (centre), le directeur des projets et programmes de l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER), Sidy Bouya Ndiaye.
”Le Sénégal a pris l’initiative d’électrifier toutes les localités du pays avec une énergie propre, durable et à moindre coût”, a-t-il déclaré lors d’une réunion du comité régional de développement (CRD) consacrée au partage et à la vulgarisation de la transition énergétique juste.
Selon M. Ndiaye, cette initiative vise à promouvoir une transition énergétique inclusive et durable, prenant en compte les dimensions sociale, économique, environnementale et territoriale.
L’Allemagne, la France, le Canada, l’Union européenne et le Royaume-Uni se sont engagés à mobiliser les moyens financiers pour accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de ce programme, a-t-il précisé.
Les financements attendus doivent notamment soutenir des projets dans les énergies renouvelables, l’accès à l’énergie et l’efficacité énergétique, mais également le pompage solaire agricole, la conservation des produits agricoles et halieutiques, la mobilité électrique et le développement d’industries vertes.
Le programme doit également contribuer à la mise en œuvre de la stratégie “gas-to-power”, consistant à utiliser le gaz naturel pour produire de l’électricité.
Des besoins d’investissements estimés à 9,5 milliards
Le plan d’investissement, élaboré depuis mars 2025, fait ressortir des besoins estimés à 9,5 milliards de francs CFA pour les projets publics, a fait savoir le directeur des projets et programmes de l’ANER.
Ce plan, susceptible d’être révisé tous les trois mois, reste ouvert à l’intégration de nouveaux projets, notamment ceux portés par le secteur privé, a-t-il ajouté.
M. Ndiaye a annoncé, dans cette perspective, la création envisagée d’un fonds destiné à accompagner les porteurs de projets privés dans leur formulation, afin de favoriser l’émergence de projets réalisables et susceptibles de bénéficier de financements bancaires.
Dans la région de Kaolack et, plus largement, dans la zone centre, la transition énergétique pourrait notamment contribuer à améliorer l’accès à l’électricité et à réduire les coûts de production dans plusieurs secteurs d’activité.
”On peut déployer rapidement les systèmes solaires pour appuyer l’électrification”, a souligné M. Ndiaye, évoquant également les possibilités d’utilisation des énergies renouvelables dans la production de sel et la conservation des produits halieutiques.
Il a par ailleurs fait état du déploiement de lampadaires dans les îles du Saloum, afin d’améliorer les conditions de vie des populations insulaires, ainsi que de perspectives de déploiement de chambres froide dans cette zone.

Selon l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Mamadou Habib Kamara, la région de Kaolack, au regard de son potentiel agricole, commercial et industriel, devait tirer pleinement profit des opportunités offertes par la transition énergétique.
Il a souligné que cette transformation devait favoriser la création d’emplois, le développement des activités productives, l’amélioration des conditions de vie et la réduction des inégalités territoriales.
La rencontre vise ainsi à permettre aux acteurs territoriaux de mieux s’approprier les objectifs et les mécanismes de la transition énergétique juste, tout en identifiant les opportunités, les contraintes et les leviers d’action adaptés aux réalités de la région.
M. Kamara a rappelé que l’ambition du gouvernement sénégalais, en cohérence avec l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, est de valoriser les ressources naturelles, notamment le gaz, de réduire progressivement la dépendance aux combustibles liquides et de promouvoir les énergies renouvelables.
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