Toubacouta, une attraction touristique confrontée à plusieurs obstacles
Toubacouta, une attraction touristique confrontée à plusieurs obstacles

SENEGAL-TOURISME-REPORTAGE

Par Thierno Abdourahmane Ba

Toubacouta, 28 août (APS) – Le tourisme, l’une des principales activités économiques de la commune de Toubacouta, est confronté au “déficit de visibilité” de cette municipalité, à l’inexploitation de ses richesses naturelles et de son patrimoine culturel, au mauvais état des routes et au faible nombre de réceptifs hôteliers conformes aux normes requises, a relevé Gnima Diédhiou, la directrice régionale du tourisme de Fatick (centre).

Des professionnels du tourisme interrogés à Toubacouta par l’APS déplorent la faible règlementation de l’économie touristique de cette commune située dans la région de Fatick.

Ils soutiennent qu’il n’existe pas de limites entre les métiers touristiques, une situation dont profitent certains acteurs pour s’adonner à la fois à l’hébergement, à la restauration et au transport des touristes, en s’improvisant guides en même temps.

Selon eux, l’activité touristique ne s’exerce pleinement que pendant six à sept mois sur douze, ce qui prive les acteurs de ce secteur de revenus importants et entrave l’exploitation des potentialités de la commune.

Cette municipalité est située dans le delta du Saloum, intégré au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011 en raison de son importante diversité biologique, de son histoire, etc.

Le delta du Saloum concentre près de 200 îles et îlots. Aux atouts de cette entité géographique s’ajoutent les potentialités propres à la commune de Toubacouta, signale Gnima Diédhiou dans un entretien avec l’APS, énumérant la réserve animalière de Fathala, l’île aux coquillages, le site archéologique de Dioroum Boumag et l’île de Sipo.

Seuls sept des 27 réceptifs hôteliers de Toubacouta conformes aux normes requises

Interrogée sur les difficultés soulevées par les acteurs touristiques, elle relève “le déficit de visibilité” de la destination Toubacouta auprès des Sénégalais.

“Toubacouta est un endroit que beaucoup de Sénégalais ne connaissent pas”, constate la directrice régionale du tourisme de Fatick.

À ses yeux, les richesses naturelles et le patrimoine culturel de cette commune restent à valoriser.

Le tourisme peine à se développer dans cette municipalité à cause du mauvais état d’une bonne partie de ses infrastructures routières, observe Gnima Diédhiou, ajoutant que c’est un calvaire d’emprunter certaines routes de la commune.

La capacité d’accueil des infrastructures hôtelières locales fait également défaut, selon Mme Diédhiou. D’après elle, seuls sept des 27 réceptifs hôteliers recensés dans la commune de Toubacouta sont conformes aux normes requises.

Il est difficile de mesurer avec précision le niveau de fréquentation de cette zone touristique, ajoute-t-elle, estimant que les données qui existent ne sont pas exhaustives.

Un contrôle permanent des réceptifs hôteliers

Dans la région de Fatick, 131 réceptifs hôteliers sont concernés par la collecte des données, mais seuls sept transmettent leurs statistiques à la direction régionale du tourisme, indique Gnima Diédhiou.

Elle laisse entendre que la commune de Toubacouta, l’une des principales attractions touristiques de la région, est confrontée à ce problème.

Deux mille soixante-neuf touristes sont arrivés dans la région en 2025, indique Mme Diédhiou sur la base d’un décompte effectué par les hôtels qui transmettent leurs données à la direction régionale du tourisme.

Cette direction recourt aux colonies de vacances et aux excursions pour maintenir le dynamisme de l’activité touristique en dehors de la haute saison.

D’après Gnima Diédhiou, des “audits” ont été menés dans la région de Fatick pour améliorer la qualité de l’accueil des touristes. “Il faut maintenir le contrôle permanent des réceptifs hôteliers, afin qu’ils se conforment aux normes”, dit-elle.

TAB/HB/ESF/MTN/BK