SENEGAL-NECROLOGIE
Tivaouane, 19 avr ( APS) – Le directeur de la radio communautaire Dabakh FM émettant à partir de la cité religieuse de Tivaouane décédé samedi, suite à un malaise, et inhumé le même jour, a laissé un grand vide dans cette station qu’il dirigeait depuis 2017, et au-delà.
Dans les locaux de Dabakh FM, le silence a remplacé le brouhaha habituel des rédactions. Les micros sont en place, les studios demeurent intacts, mais l’âme des lieux semble suspendue, le temps au ralenti. Les émissions continuent tant bien que mal, portées par la volonté de maintenir la mission publique d’information malgré la douleur. Dans les regards et les gestes, l’absence est partout.
Depuis l’annonce du décès de Chérif Touré, l’atmosphère à la radio communautaire Dabakh FM, s’est alourdie, marquée par la tristesse et le recueillement.
À quelques pas de la famille éplorée, la radio traverse ses heures les plus silencieuses. Journalistes, techniciens et agents circulent discrètement, les regards souvent perdus, comme figés par le choc. Ici, chacun parle à voix basse, comme pour ne pas rompre le fragile équilibre du deuil.
Selon ses collègues, Chérif aura marqué son passage non par le bruit, mais par la constance. ”Il était convaincu qu’une radio de proximité doit rester utile, ancrée dans les réalités sociales et proche des populations”, disent-ils.
Pour ses collaborateurs, ”Chérif Touré n’était pas seulement un directeur. Il était un repère, un encadreur exigeant, mais profondément humain”. Le personnel de la radio se souvient de ses remarques constructives, ses corrections fermes mais respectueuses, mais aussi de son attachement constant à la qualité de l’information.
‘’Il voulait que la radio soit proche des populations, qu’elle parle vrai’’, confie Cheikh Kane, journaliste à Dabakh FM, encore sous le choc. Sous sa direction, Dabakh FM s’était imposée comme une voix locale importante à Tivaouane, au service des communautés, des préoccupations scolaires, sociales et des dynamiques territoriales.
Une perte ressentie au-delà de la rédaction
La nouvelle de sa disparition a rapidement dépassé les murs de la radio. Dans toute la ville, l’émotion est palpable. Auditeurs, responsables locaux et acteurs communautaires expriment leur tristesse face à la perte d’une figure familière du paysage médiatique local.
À Tivaouane, Dabakh FM n’est pas seulement un média : elle est un lien social, un relais d’information essentiel dans le quotidien des populations. La disparition de son directeur laisse ainsi un vide symbolique fort, bien au-delà de la sphère journalistique.
La journaliste Khady Diop, de l’Agence de presse sénégalaise (APS) en service à Dakar, salue la mémoire d’un confrère engagé. Elle se souvient notamment, du ”sérieux” et de la ”constance” dont il avait preuve quand il occupait le poste de président de la cellule régionale de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), couvrant les départements de Mbour, Tivaouane et Thiès.
”C’était un professionnel rigoureux, un journaliste aguerri, mais surtout un homme de devoir”, témoigne-t-elle. Pour elle, comme pour de nombreux confrères, sa disparition est une perte significative pour la presse sénégalaise.
Au-delà du milieu médiatique les témoignages sont identiques. Gorgui Massamba Boye, conseiller technique au Fonds financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), rend hommage à ”un jeune hyper brillant et inspirant”, s’interrogeant sur le sort des nombreux projets qu’ils portaient ensemble.
Chérif Touré a été inhumé peu après la prière musulmane du crépuscule au cimetière de Keur Cheikh, auprès de ses aïeux. Une immense foule a accompagné le journaliste vers sa dernière demeure, dans une atmosphère de profonde émotion et de recueillement.
À Tivaouane et plus particulièrement à Dabakh FM, il laisse l’empreinte durable d’un travailleur discret et convaincu.
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