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Thiès, 28 mai (APS) – L’imam de la mosquée Moussanté, dans la ville de Thiès (ouest), Tafsir Babacar Ndiour, s’est alarmé inquiété de la corruption et des proportions qu’elle prend au Sénégal.
‘’La corruption consiste à donner de l’argent pour recevoir en contrepartie ce qui te revient de droit ou ce à quoi tu n’as pas droit’’, a-t-il dit en guise de définition dans un sermon adressé aux musulmans réunis dans cette mosquée pour la prière de l’Aïd el-Kébir (Tabaski).
‘’La corruption, quelle que soit sa forme, est illicite’’, a martelé le guide religieux, qu’il peut s’agir de dessous-de-table, de pots-de-vin, de soumissions indues à des marchés à l’aide de prête-noms, etc.
Tafsir Babacar Ndiour a énuméré plusieurs subterfuges par lesquels s’exerce la corruption.
‘’Des gens profitent de leur position pour retarder une signature et obliger un ayant droit à leur verser de l’argent. D’autres cherchent à amadouer une autorité par le biais d’une proximité qu’ils s’évertuent à bâtir avec elle, dans le seul but de recevoir un bien indu’’, a-t-il dénoncé.
D’autres intercèdent en faveur d’un tiers pour ensuite réclamer une somme d’argent en contrepartie du service rendu, a ajouté l’imam, estimant que c’est ‘’un trafic d’influence’’, une pratique bannie par l’islam.
‘’Le corrupteur et le corrompu iront tous en enfer’’, a-t-il soutenu en citant un hadith du prophète Mohamed.
Le guide religieux a mis en garde ses coreligionnaires contre la présomption de corruption envers les personnes riches.
‘’Un musulman ne doit pas penser qu’il ne doit pas être riche. Au contraire, il doit être le plus riche du monde, pourvu qu’il gagne sa vie de façon licite’’, a-t-il dit.
‘’Rien n’empêche au musulman d’amasser autant de richesses [qu’il peut], tant qu’il ne les acquiert que par la voie licite et ne les fait fructifier que par des moyens légaux’’, a poursuivi Tafsir Babacar Ndiour, poursuivant : ‘’La corruption ôte à l’homme sa crédibilité et lui ouvre la voie à tous les péchés, sans aucune gêne.’’
Elle entraîne la ‘’déchéance spirituelle et morale’’ de ceux qui la pratiquent, a-t-il dit.
‘’Tous les êtres humains sont des possédants temporaires, seul Allah est le possédant éternel’’, a poursuivi l’imam.
La corruption est encore plus grave lorsqu’elle est pratiquée dans domaine de la justice, a souligné Tafsir Babacar Ndiour.
‘’C’est pourquoi l’islam n’admet pas de justice partiale, partisane ou dépendante’’, a-t-il argué.
La reddition des comptes est une dimension fondamentale de la vie publique, a-t-il dit, invitant l’Office national de lutte contre la corruption à procéder régulièrement à des audits établissements publics.
Beaucoup de personnes nommées à postes à responsabilités n’ont pas publié leur déclaration de patrimoine, a soutenu l’imam en rappelant que la loi leur obligation de s’y atteler.
Le maire de Thiès, Babacar Diop, salue le ‘’courage intellectuel’’ de l’imam, qui, comme à l’accoutumée, interpelle, par son sermon, ceux qui gèrent les biens publics.
‘’La corruption commence par la corruption de l’âme’’, a-t-il dit.
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