SENEGAL-COLLECTIVITE-HISTOIRE
Thiès, 25 mars (APS) – Le passé de la ville de Thiès illustre ”parfaitement” la rencontre entre ”plusieurs logiques historiques majeures”, a soutenu l’historien Ibrahima Thioub, mettant en exergue les dynamiques démographiques, les mobilisations sociales, les brassages culturels et religieux autour de l’histoire du chemin de fer.
”La ville de Thiès est fondée au XIXᵉ siècle comme poste militaire, et s’est progressivement développée autour des infrastructures ferroviaires, le fameux train Dakar-Niger reliant Dakar à Saint-Louis puis l’intérieur de l’Afrique occidentale française”, a fait savoir l’enseignant-chercheur.
‘’Ce réseau de communication a transformé Thiès en un carrefour stratégique, attirant populations, activités économiques et institutions administratives’’, a-t-il ajouté.
Il intervenait mardi à l’ouverture d’un colloque de deux jours sur le thème ”Thiès, la capitale du rail : genèse et évaluation”, en en prélude à la célébration officielle, délocalisée à Thiès, de la 66ème édition de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale.
Selon l’historien, l’implantation des ateliers ferroviaires, des équipements militaires et des infrastructures urbaines a profondément structuré l’organisation spatiale de la ville, son économie et son identité sociale.
‘’Thiès est en effet une ville dont le passé illustre parfaitement la rencontre entre plusieurs logiques historiques majeures, les dynamiques démographiques, les mobilisations sociales du monde du travail, l’implantation des communautés religieuses, les échanges culturels et les mutations urbaines contemporaines’’, a dit l’ancien recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le maire de la ville Thiès, Babacar Diop
‘’Au fil des décennies, Thiès est devenue un espace cosmopolite, un foyer de mobilisations syndicales et un lieu de brassage culturel et religieux qui a contribué à façonner l’histoire politique et sociale du Sénégal’’, a relevé Pr Ibrahima Thioub, président du comité scientifique du colloque.
Evoquant le but poursuivi de la tenue du colloque, il a souligné qu’il vise à produire une contribution scientifique de qualité à la connaissance de l’histoire de la ville de Thiès.
Ibrahima Thioub a dans le même temps annoncé que les actes de ce colloque constitueront une documentation importante pour les chercheurs, mais aussi pour les autorités publiques et les acteurs culturels engagés dans la valorisation du patrimoine historique de la ville.

L’historien Ibrahima Thioub, président du comité scientifique du colloque
‘’Cette rencontre [qui] s’inscrit dans le cadre de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de notre pays, moment solennel, nous invite à revisiter notre histoire, à interroger notre présent et à imaginer ensemble l’avenir de notre nation’’, a déclaré le maire de Thiès, Babacar Diop.
Il a rappelé que la ville de Thiès est née de la rencontre entre un territoire, des peuples et une infrastructure, la ligne ferroviaire, qui a profondément transformé son destin.
L’édile a ainsi souligné que Thiès est le fruit du chemin de fer, de la migration et du commerce et des luttes syndicales. ”De poste militaire à carrefour stratégique de l’Afrique occidentale, Thiès s’est construite au rythme du rail, des migrations, des échanges et des luttes sociales’’, a-t-il dit.
Le train a façonné la ville de Thiès, structuré les quartiers, modelé son économie, forgé son identité sociale et nourri son imaginaire collectif, a-t-il ajouté.

Une vue de l’assistance venue en masse suivre le colloque
‘’Derrière les rails, ce sont des générations de femmes et d’hommes, ouvriers, mécaniciens, syndicalistes, familles cheminotes, qui ont écrit l’histoire d’une ville debout, solidaire et engagée’’, a encore dit le maire de la ville de Thiès.
Il a également fait savoir que c’est ce pan de l’histoire qui est revisité, exploré collectivement à travers le colloque. ‘’Historiens, géographes, sociologues, acteurs culturels et citoyens vont croiser leurs regards pour éclairer les différentes dimensions de la construction de Thiès : sa genèse urbaine, le rôle structurant du rail, les dynamiques sociales et politiques, les patrimoines matériels et immatériels, ainsi que les perspectives d’avenir’’, a-t-il ajouté.
”En parallèle de ces travaux scientifiques, nous avons tenu à ouvrir un autre espace de transmission et de partage : l’exposition ‘’Kees Kaay : benn dëk ñaari gaar !’’ (Thiès, une ville deux gares, en wolof), a indiqué Babacar Diop.
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