Thiès : les origines du gamou de Keur Mame El Hadji racontées par un patriarche
Thiès : les origines du gamou de Keur Mame El Hadji racontées par un patriarche

SENEGAL-RELIGION-RASSEMBLEMENT-HISTOIRE

Thiès, 22 juil (APS) – Le président du comité d’organisation du gamou de Keur Mame El Hadji, à Thiès (ouest), Serigne Ousseynou Ndiéguène, a raconté, mardi, les origines de cette manifestation religieuse qui doit tout à son initiateur et dont les premières éditions se déroulaient à la lumière d’un feu de bois.

A la tête de la délégation de Keur Mame El Hadji, venue prendre part, mardi, à une réunion préparatoire de ce rassemblement annuel prévu le 23 ou le 24 août, Serigne Ousseynou Ndiéguène a revisité la genèse de cet évènement plus que centenaire.

“Aujourd’hui, le gamou en est à sa 140ème édition. S’il [le gamou] était une personne, on dirait que c’est une vieille personne”, a-t-il dit.

Le gamou a été initié par El Hadj Ahmadou Barro Ndiéguène qui, arrivé à Thiès, s’était installé dans l’actuel quartier Escale, la seule partie habitée de la localité d’alors, où il avait ouvert un “daara” pour l’enseignement du Coran, a-t-il dit.

Quand il a voulu implanter sa zawiya tidiane, le chef religieux a décidé, en accord avec les populations autochtones, les Sérères, de s’installer un peu en retrait –  sur le site abritant aujourd’hui le quartier Keur Mame El Hadji qui, en son temps, était à la périphérie des habitations, raconte Serigne Ousseynou Ndiéguène.

Peu après y avoir emménagé, il a lancé le gamou et bâti une mosquée.

Suivant le même modèle des anciennes écoles coraniques s à travers le pays, il allait cultiver ses champs à Keur Issa.

Les premières éditions du gamou de Keur Mame El Hadji  s’organisaient sobrement selon les moyens de l’initiateur, autour de la lecture du Coran, la nuit, sous les flammes d’un feu de bois.

“Pour la restauration de ses hôtes, il immolait un bouc et faisait préparer du couscous”, poursuit-il.

Après son rappel à Dieu, ses fils dont l’aîné El Hadji Ahmad Sakhir Ndiéguène et ses dix frères avaient pris le relais.

Depuis la disparition de ce dernier en 1997, Serigne Mounirou Ndiéguène, premier petit-fils devenu khalife de la famille Ndiéguène, a repris le flambeau.

Aujourd’hui encore, un comité d’organisation “huilé”, avec une diversité de profils, s’évertue, en relation avec l’administration territoriale, à  perpétuer ce legs spirituel, en tâchant de coopter en son sein la jeune génération, “pour que  le flambeau ne s’éteigne jamais”, conclut-il.

ADI/HK/HB/BK