Thiès : les denrées alimentaires en quantité suffisante, les petites bourses à rude épreuve
Thiès : les denrées alimentaires en quantité suffisante, les petites bourses à rude épreuve

SENEGAL-RELIGION-CONSOMMATION

Thiès, 25 fév (APS) – Le chef du service régional du commerce de Thiès, Khadim Ndiaye, se veut formel : les quantités de produits actuellement présentes sur le marché local, dépassent largement les besoins des consommateurs.

De fait, le marché central de Thiès (ouest) est bien fourni en produits alimentaires de grande consommation, en cette première semaine de ramadan et de carême, deux périodes de dévotion religieuse intense et de forte consommation en denrées alimentaires, pour les communautés musulmane et chrétienne du pays. Il y a cependant un hic, lié au faible pouvoir d’achat de beaucoup de ménages durement éprouvés par la conjoncture économique.

Il est environ 10 heures du matin et le marché central de Thiès grouille déjà de monde.

Les magasins débordent de produits surtout alimentaires, en cette première semaine de ramadan et de carême, deux périodes de pénitence, mais tout de même de forte consommation en denrées alimentaires.

Devant les boutiques des commerçants grossistes, des piles de sacs de sacs d’oignons, reconnaissables à leur couleur rouge, sont entreposés de sorte à rétrécir par endroit les allées du marché.

Ce qui fait espérer que l’oignon, un ingrédient quasi-incontournable dans la cuisine sénégalaise, ne fera pas défaut.

D’autres produits comme le riz, aliment de base du pays, ainsi que la pomme de terre, l’huile, le lait en poudre, le sucre qui sont fortement demandés en cette période, inondent aussi le marché.

Confortablement installé derrière son bureau, épluchant quelques documents, le chef du service régional du commerce, Khadim Ndiaye rassure : “Les quantités qui sont actuellement présentes sur le marché, dépassent largement les besoins des consommateurs”.

Thiès : les denrées alimentaires en quantité suffisante, les petites bourses à rude épreuve

‎Les quantités de riz brisé non parfumé dans les trois départements de la région réunis, ont atteint presque les “1000” tonnes, note-t-il.

Il en est de même pour le riz parfumé ordinaire ou le riz parfumé de luxe, consommé par une catégorie assez aisée de population pendant le mois de ramadan. Il est à presque “110 tonnes”.

Quelque 312 tonnes de riz local que l’État travaille à promouvoir à travers sa politique d’autosuffisance alimentaire, ont été débarquées sur le marché régional, ajoute le responsable.

“Cela veut dire tout simplement qu’à ce niveau, nous n’avons pas de difficultés”, se réjouit Khadim Ndiaye, qui ne manque pas d’évoquer une situation d’approvisionnement normal du marché en huile, en sucre en morceaux et en sucre cristallisé, en oignon et en pomme de terre.

Il rapporte que ses agents ont relevé la disponibilité de ”16 tonnes” d’huile conditionnée en bouteilles de 20 litres, de plus de “200 tonnes” de sucre en morceaux et de plus de 500 tonnes de sucre cristallisé.

Il rassure aussi quant à la disponibilité de lait en poudre, tous formats confondus, en sachets de 25 kilogrammes, 10 kilogrammes, 400 grammes et 20 grammes.

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‎Devant son dépôt d’oignons au marché central, Aly Ndiaye, un commerçant membre de plusieurs associations faîtières, confirme le bon approvisionnement du marché en oignon.

“Actuellement, le marché est approvisionné en oignon local et importé”, dit-il.

Il relève que contrairement à l’année dernière à la même période, où il n’y avait que de l’oignon local sur le marché, dont le prix était de 11.000 francs, cette année, “[l’oignon] local et [l’oignon] importé sont bien disponibles sur le marché”, avec des prix variant entre 10.000 et 10.500 FCFA le sac, ajoute-t-il.

Depuis le début de la campagne de récolte à la mi-février, les quantités d’oignon et de pomme de terre qui arrivent sur le marché sont doublées chaque jour, fait savoir le chargé de communication de l’interprofession oignon du Sénégal.

Khadim Ndione, demi-grossiste au marché central de Thiès, fait le même constat, à propos de la disponibilité des denrées de forte consommation.

”Franchement, depuis le début du ramadan, que ce soit le sucre, l’huile, ou le riz, le marché est bien approvisionné”, témoigne-t-il aussi.

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M. Ndione affirme que, conformément aux dernières mesures de baisse des prix prises par l’État, “en ce moment, le kilogramme de sucre est à 600 francs, là où le kilogramme de riz ordinaire, plus consommé dans le pays, se vend à 300 francs CFA, et l’huile à 1.000 francs le litre”.

A ce niveau, “vraiment, nous pouvons saluer les efforts consentis par les autorités”, commente-t-il.

La disponibilité en quantité et en qualité des denrées de forte consommation sur le marché régional, ne semble en rien garantir, toutefois, leur accès aux consommateurs, même avec les dernières réductions de prix en date, décidées par les pouvoirs publics.

 

Thiès : les denrées alimentaires en quantité suffisante, les petites bourses à rude épreuve

Mbayang Bâ, une ménagère venue faire ses courses, soutient que les ”femmes souffrent au marché”, en ce mois béni de ramadan, en raison de la situation économique.

“On voit tous les produits dont on a besoin, mais avec juste 3.000 francs, que peut-on acheter ?”, s’interroge-t-elle, toute résignée.

Avec ce montant, il faut choisir entre poisson et viande, vu que la bourse est très faible, lance-t-elle.

BT/ADI/BK