SENEGAL-ENTREPRISES-STATISTIQUES
Thiès, 13 août (APS) – Le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), Abdou Diouf, a exhorté mercredi, à Thiès, les acteurs économiques de la région à contribuer à la réussite du deuxième Recensement général des entreprises (RGE-2), dont la phase opérationnelle est prévue au premier semestre 2027.
”Dix ans après la première édition réalisée en 2016, ce recensement permettra de disposer d’une base de données fiable, actualisée et exhaustive des unités économiques exerçant sur l’ensemble du territoire national”, a-t-il notamment déclaré.
Il a pris part, dans les locaux de la gouvernance de Thiès, à une réunion de sensibilisation consacrée à cette opération dont la phase préparatoire de cartographie a démarré en mai et se poursuivra jusqu’en septembre.
Les données issues de cette ‘’opération stratégique’’ pour le pays, serviront notamment à ”améliorer la qualité des enquêtes économiques, à renforcer la robustesse des comptes de la nation, à mieux orienter les politiques publiques, mais également à fournir aux investisseurs, entrepreneurs, chercheurs, universitaires, partenaires au développement et à l’ensemble des acteurs de la vie économique et sociale des informations fiables sur le tissu économique national”, a indiqué M. Diouf.
Ce sera l’occasion de mettre en valeur les atouts économiques majeurs de la région de Thiès qui, grâce à ‘’son potentiel minier et agricole, notamment dans la production maraîchère et fruitière, ainsi qu’à ses activités d’élevage, de pêche, de commerce, d’artisanat et de tourisme, contribue activement au développement économique national”, a-t-il souligné.
Il a expliqué que le RGE-2 permettra de ‘’mieux mesurer cette richesse, d’identifier les entreprises dans toute leur diversité et de prendre davantage en compte leurs besoins dans les politiques publiques’’.
Ce décompte contribuera aussi aider à valoriser le potentiel économique de la région, à accompagner les initiatives entrepreneuriales et à soutenir des politiques publiques toujours plus efficaces au bénéfice des populations’’, a-t-il dit.
L’opération se déroulera en deux phases : une première, consacrée à la cartographie de l’ensemble des unités économiques, prévue de mai à septembre 2026 et une seconde, programmée au premier semestre 2027, qui recueillera des informations relatives aux caractéristiques, à la performance économique, aux difficultés, aux besoins de financement et à la connaissance du dispositif d’appui au secteur privé, etc.
La réussite d’une telle opération repose sur ‘’une bonne sensibilisation et l’implication active des acteurs économiques et des organisations professionnelles’’, a estimé le DG de l’ANSD.
Il a souligné le ‘’rôle déterminant’’ que doivent jouer tous les acteurs – autorités administratives, chambres consulaires, organisations professionnelles, associations de commerçants, artisans et d’entrepreneurs, relais communautaires et médias – pour garantir ne réussite du RGE-2.
L’implication de tous les acteurs aidera, selon lui, à ‘’instaurer un climat de confiance’’ et à ‘’encourager les chefs d’entreprise à réserver un accueil favorable aux agents de l’ANSD et à [leur] fournir des informations complètes et exactes’’.
Il a invité les acteurs de l’écosystème économique de la région de Thiès à ‘’devenir de véritables ambassadeurs du Recensement général des entreprises’’.
‘’Votre engagement est essentiel pour informer, sensibiliser et accompagner l’ensemble des opérateurs économiques afin d’assurer une forte mobilisation et la réussite de cette opération d’envergure nationale’’, a-t-il indiqué.

Cette initiative s’inscrit dans les orientations de la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et dans la volonté de l’État du Sénégal de disposer d’un système statistique performant au service de la prise de décision, a relevé Ababacar Sadikh Niang, adjoint au gouverneur en charge du développement.
Il a souligné qu’‘’aucune politique publique efficace ne peut être élaborée, mise en œuvre et évaluée sans des statistiques fiables, complètes et régulièrement actualisées’’.
Le premier Recensement général des entreprises de 2016 avait répertorié 408 000 entreprises sur l’ensemble du territoire national, dont ‘’plus de 96 % des unités économiques appartenaient au secteur informel’’, a-t-il relevé.
Documenter les mutations de l’économie
Les ‘’mutations importantes’’ qu’a connues l’économie, dix ans plus tard, justifie le besoin de ‘’disposer aujourd’hui d’informations actualisées, afin de mieux comprendre les dynamiques économiques de nos territoires et d’orienter efficacement les politiques publiques’’.
Cette transformation de l’économie est liée au développement du numérique, à l’émergence de nouveaux secteurs d’activité, à la croissance de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, à l’évolution du secteur des transports, à l’essor des industries extractives, ou encore au développement du secteur informel, qui ‘’demeure largement prédominant dans notre économie’’, a-t-il dit.
Ce deuxième recensement va identifier et caractériser toutes les unités économiques présentes sur notre territoire, ‘’qu’elles soient formelles ou informelles’’.
Il aidera à ‘’actualiser le Répertoire national des entreprises et associations (RNEA) ainsi que les différents registres administratifs’’, et aidera à ‘’produire des statistiques désagrégées jusqu’au niveau territorial et [à] suivre la démographie des entreprises’’.
Un système d’information géographique des entreprises sera mis en place, avec les données issues du recensement, pour donner une meilleure idée des caractéristiques et contraintes du secteur informel.
‘’Au-delà de leur intérêt statistique, ces informations constitueront un outil essentiel pour l’amélioration du climat des affaires, la promotion de l’investissement, la création d’emplois, le développement des territoires et l’évaluation des politiques économiques’’, a fait valoir M. Niang.
Il a adressé un ‘’appel particulier’’ aux autorités administratives, aux exécutifs territoriaux, aux chefs de services déconcentrés, aux responsables d’organisations professionnelles, aux leaders communautaires et aux acteurs de la presse locale pour qu’ils accompagnent l’ANSD dans cette ‘’mission d’intérêt national’’.
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