Thiès, 16 oct (APS) – Des journalistes de la région de Thiès ont démarré, lundi, un atelier de deux jours sur le dialogue social et la négociation collective, dans le cadre du Programme national de renforcement du dialogue social (PNRDS).

Vingt-deux journalistes issus des départements de Thiès, Tivaouane et Mbour vont plancher sur cinq modules. La première journée a mis l’accent sur le contrat de travail, ses caractéristiques et types, et les mécanismes de gestion des conflits collectifs de travail.

La seconde journée sera consacrée à l’exercice du droit de grève dans le privé, au dialogue social en entreprise, à la convention collective nationale du secteur de la presse.

L’Etat a initié un vaste programme  de dialogue social, à l’intention des différents secteurs d’activité, a dit l’inspecteur régional du travail et de la sécurité sociale, en marge de l’ouverture de la rencontre dans un hôtel de la cité du rail.

A Thiès, l’inspection du travail a choisi de démarrer cette série de formations par le secteur de la presse, en tant que travailleurs, mais aussi en tant qu’agents appelés à couvrir des conflits sociaux, a dit Tène Gaye, qui considère les journalistes comme des partenaires pour vulgariser cette politique étatique.

”Au-delà de permettre aux travailleurs que vous êtes de connaître vos droits, il s’agit surtout  de bien couvrir les évènements liés aux conflits sociaux“, a dit l’expert, pour qui les journalistes bénéficiaires peuvent même conseiller certains travailleurs grévistes qu’ils sont amenés à couvrir.

”Les grèves sont très fréquentes au Sénégal, mais 97% d’entre elles ne sont pas licites, puisque les gens ne respectent pas la procédure”, a relevé l’inspecteur régional du travail et de la sécurité sociale, Tène Gaye.

Pour lui, la plupart des acteurs ne sont pas outillés pour les régler, faute de formation des responsables syndicaux. Les employeurs non plus, ne sont pas préparés à gérer mais surtout à les prévenir avant qu’ils ne se déclenchent.

L’inspecteur Gaye a relevé que les travailleurs ont tendance à déposer directement un préavis quand ils sont mécontents. Ce qui selon lui, est une “faute“, puisque “le préavis est le quatrième maillon de la procédure” à suivre.

”Si on saute les trois premières étapes, même si on a raison, on a tort“, a-t-il dit, rappelant que le droit prend en compte à la fois le forme et le fond.

Concernant les mécanismes de gestion de conflits collectifs, il a indiqué que le Sénégal a hérité du syndicalisme français, caractérisé par la “revendication à outrance, suivie de la grève“.

Pendant ce temps, à travers le monde, les pays développés ne connaissent “plus de mouvement d’humeur  national d’envergure“, les acteurs ayant développé des mécanismes de gestion des conflits.

De tels mécanismes de gestion de conflits existent au Sénégal, à travers le dialogue social, “mais c’est comme si les gens ne lisent pas“ les textes, a-t-il relevé, tout en précisant que le dialogue social n’exclut pas la revendication, mais aide à prévenir les conflits ou à les gérer quand ils interviennent.

”La grève, c’est comme le missile dans la guerre. On commence d’abord par les armes légères, avant les missiles quand c’est inévitable, mais quand c’est évitable, il faut l’éviter”, a-t-il dit.

Le ministère du travail, après une année concluante de mise en œuvre du PNRDS conçu pour la période 2021-2024, a décidé de s’appuyer sur les inspections régionales du travail pour mieux faire connaître certains aspects du droit du travail à un niveau déconcentré, selon les organisateurs.

ADI/OID

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