SENEGAL-SOCIETE
Fatick, 13 juil (APS) – Les populations de Thiamène, un village du département de Fatick (centre), réclament des mesures destinées à compenser les impacts socio-économiques et environnementaux de la construction de l’autoroute à péage Mbour-Fatick-Kaolack sur leur quotidien.
Lors d’une conférence de presse tenue dimanche, elles ont demandé à l’entreprise en charge de la construction de cette infrastructure la prise en compte de leurs doléances à travers des actions concrètes de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE).
Les habitants de Thiamène ont attiré l’attention des autorités et de l’entreprise sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis le démarrage des travaux, il y a plus de cinq ans.
Selon Mor Galla Ndao, un des intervenants lors de cette rencontre avec des journalistes, la réalisation de l’autoroute a entraîné la perte d’importantes superficies agricoles, principal moyen de subsistance des populations locales.
”L’autoroute constitue certes un projet important pour le développement du Sénégal, mais elle a occupé une grande partie de nos terres cultivables. À cela s’ajoutent deux carrières d’environ 30 hectares, situées à l’est et au sud du village, qui ont privé de nombreux agriculteurs de leurs moyens de production”, a-t-il expliqué.
Selon Mor Galla Ndao, par ailleurs conseiller municipal, cette situation compromet également l’extension future du village et impact le bétail.
Il a également évoqué les nuisances engendrées par les travaux, notamment la poussière, le bruit et la circulation intensive des poids lourds, qui ont fortement dégradé la piste reliant Tattaguine à Thiamène.

”Cette route est aujourd’hui presque impraticable, surtout pendant hivernage. Les populations vivent quotidiennement les conséquences de cette dégradation sans véritable accompagnement de l’entreprise”, a-t-il regretté.
Prenant la parole au nom des femmes, Fatou Rokhy Niass a expliqué que la dégradation de la piste complique considérablement les évacuations sanitaires, exposant parfois les femmes enceintes à des situations critiques.

”Pendant la construction du pont, les déplacements sont devenus très difficiles. Les femmes qui se rendent aux marchés hebdomadaires rencontrent d’énormes obstacles pour transporter leurs marchandises, ce qui réduit leurs revenus. Pour les femmes enceintes, chaque déplacement vers une structure sanitaire devient un véritable parcours du combattant”, a-t-elle déploré.
Au nom des populations, Sidy Thiam, a présenté une série de revendications, parmi lesquelles le bitumage de l’axe Tattaguine–Thiamène–Ngohé Ndoffogor, la construction d’un collège, la réalisation d’un poste de santé, ainsi que le remblayage des carrières, devenues dangereuses pour les populations et le bétail et favorisant les inondations des champs voisins.
Les habitants demandent également l’aménagement d’une sortie sur l’autoroute au niveau de Thiamène afin de desservir plusieurs communes de l’arrondissement de Tattaguine, ainsi que celles de Djilas, Diofior, Fimela, Palmarin, Loul Sessène et les îles du Saloum.
”Nous ne sommes pas contre cette infrastructure. Nous voulons simplement que les populations qui en subissent les impacts bénéficient aussi de retombées concrètes”, a souligné Sidy Thiam.
SDI/BK
