SENEGAL-SANTE-STATISTIQUES
Kaolack, 17 juil (APS) –Le taux de prévalence de la consommation globale du tabagisme classique passe de 6% à 4% et de 11 à 9% chez les hommes, soit une baisse relative de plus de 25%, a indiqué vendredi à Kaolack Dr Oumar Bâ, coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
‘’Il y a une baisse significative de la prévalence de la consommation globale du tabagisme classique au Sénégal, passant de 6% en 2015 à 4% en 2026. Pour les hommes, on est passé de 11% à 9%, soit une baisse relative de plus de 25% de la consommation de tabac’’, a-t-il notamment précisé.
M. Bâ, spécialiste des maladies respiratoire, animait à Kaolack une journée de restitution aux professionnels des médias. Cette restitution est axée sur les résultats de l’enquête GATS (Global Adult Tobacco Survey), sur le tabagisme, initiée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique en 2023.
Cette session avec la presse fait suite à celle tenue avec les agents des forces de défense et de sécurité, des gérants d’hôtels, de restaurants et autres responsables de lieux publics, avec une forte implication des autorités administratives et la direction régionale de la santé.
‘’Derrière ces chiffres-là, d’autres problèmes sont apparus notamment les cigarettes électroniques, les nouvelles formes de tabac qui commencent à être prisées et très diffusées dans le pays, particulièrement par les enfants, qui sont la véritable cible. L’enquête l’a montré’’, a signalé le coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabac.
La rencontre a permis de présenter aux professionnels des médias la loi n°2014-14 du 28 mars 2014 relative à la fabrication, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente et à l’usage du tabac au Sénégal.
‘’A travers l’enquête, nous avons constaté que l’interdiction de fumer dans les lieux publics, sous peine d’amende et de sanctions, comme l’exige cette loi 2024-14, n’est pas toujours respectée. Certes, il y a quand même des avancées significatives, mais, jusqu’à présent, les gens sont exposés au tabagisme passif dans les lieux publics, précisément dans les bâtiments administratifs, les hôtels, bars et restaurants’’, a relevé Dr Oumar Bâ.

Il a déclaré qu’en usant du tabac dans les lieux publics, les fumeurs s’exposent et exposent les non-fumeurs à des maladies mortelles comme le cancer, l’hypertension artérielle, les maladies cardio-vasculaires, entre, autres pathologies graves, ”potentiellement mortelles”.
”L’âge d’initiation au tabagisme est de plus en plus précoce, parce qu’avant dix ans déjà, certains enfants commencent à toucher le tabac, parce que l’enfant ne fait qu’imiter ce qu’il voit”,
A en croire Dr Oumar Bâ, 1,6 million de sénégalais sont exposés au tabagisme dans les maisons, soit 15% de la population nationale. Il a ajouté que 0,4 million de travailleurs sont exposés dans leurs lieux de travail intérieur, soit 21,1% de la population.
Au niveau des points critiques majeurs, le constat est encore alarmant, puisque dans les universités, 25,4% sont exposés, dans les restaurants, ils sont 24,8%, les personnes exposées s’élèvent à 15,4% dans les bâtiments administratifs11, 7% dans les transports et 6,0% dans les services de soins.
ADE/MTN

