Souveraineté pharmaceutique : un spécialiste mise sur le ‘’système de corrélation’’
Souveraineté pharmaceutique : un spécialiste mise sur le ‘’système de corrélation’’

SENEGAL-SANTE

Dakar, 2 mars (APS) – Le directeur général du laboratoire Teranga Pharma, Mouhamadou Sow, a tracé la feuille de route pour une souveraineté pharmaceutique nationale, portée par des investissements massifs et une réforme réglementaire majeure : le système de corrélation.

‘’Le principe du système de corrélation est direct : dès qu’un industriel sénégalais peut garantir trois mois de consommation nationale permanente pour une molécule, les importations de celle-ci sont bloquées’’, a expliqué M. Sow dans une interview accordée à l’APS.

Le pharmacien s’est dit convaincu que la souveraineté pharmaceutique est à portée de main. Il a rappelé que le système de corrélation a été mis en place le 22 septembre 2025 avec l’appui de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP). ‘’Ce mécanisme, qui a déjà permis à des nations du Maghreb d’atteindre 70 % de souveraineté, vise à protéger et promouvoir la fabrication locale’’.

‘’Le Sénégal, au lendemain de la Covid-19, a développé un plan de relance de l’industrie pharmaceutique et Teranga Pharma est un des acteurs clés devant participer à la réalisation des objectifs de souveraineté pharmaceutique’’, a-t-il relevé.

Alors que le plan de relance gouvernemental table sur 50 % de souveraineté en 2035, Teranga Pharma affiche l’ambition de faire plus vite pour atteindre ce seuil dès 2030. Le laboratoire a déjà engagé un plan d’investissement de 17,4 milliards de FCFA sur cinq ans, selon Mouhamadou Sow.

Le plan est segmenté en étapes stratégiques visant à couvrir les besoins sanitaires les plus critiques du Sénégal. Il s’agit notamment, à l’horizon 2027, d’investir sur une nouvelle usine, appelée à terme, à générer une économie de 25 milliards de FCFA sur les importations de médicaments.

Souveraineté pharmaceutique : un spécialiste mise sur le ‘’système de corrélation’’

‘’Un investissement spécifique de 10 milliards de FCFA est prévu pour une unité de production de pénicillines (maladies infectieuses) et de formes effervescentes à l’horizon 2028 et en 2030. Teranga Pharma s’engage à produire des anti-cancéreux et des immunosuppresseurs. Ces derniers sont vitaux pour la politique nationale de transplantation rénale afin d’éviter les rejets de greffe’’, a-t-il précisé.

Il sera également question, selon le pharmacien, d’ici 2030, de produire localement 17 des 18 molécules jugées prioritaires par l’État du Sénégal. Ce déploiement a déjà commencé avec le Drepaf, un traitement générique contre la drépanocytose, produit par Teranga Pharma et qui devrait s’étendre à deux ou trois autres maladies chroniques identifiées pour leur impact lourd sur le pouvoir d’achat des familles.

Cette stratégie repose également, selon lui, sur le concept des ‘’ trois fois 90’’ : couvrir 90 % des maladies fréquentes, réduire de 90 % les ruptures de stock et maintenir 90 % de l’économie du médicament au sein du pays.

MF/ADC/HK/HB/AKS