SENEGAL-TIC-INNOVATION
Dakar, 23 avr (APS) – Le directeur de l’économie numérique et des partenariats au ministère en charge des Télécommunications, Roger Thiam, a annoncé, jeudi, à Dakar, le démarrage des initiatives prévues pour 2026 dans le cadre du New Deal technologique, avec en ligne de mire la mise en place d’une industrie nationale de fabrication d’équipements numériques.
“Nous voulons créer une industrie manufacturière qui nous permette d’être indépendant en matière de fabrication d’équipements numériques”, a déclaré M. Thiam, à l’occasion du lancement du comité technique dédié à ce programme.
Ce comité regroupe plusieurs acteurs, dont des représentants de l’Etat, de la présidence de la République, du secteur privé, du monde universitaire ainsi que des artisans du numérique, dans une démarche inclusive visant à associer toutes les parties prenantes à la réflexion stratégique.
Parmi ces initiatives figure le programme 8 baptisé ”Sénégal Digital Factory : de l’idée au produit”, qui vise à doter le pays d’une capacité de production locale d’ordinateurs portables, de smartphones et d’autres dispositifs électroniques.
Roger Thiam a salué la présence d’acteurs issus notamment du marché ”Alizé”, soulignant la volonté des autorités de rompre avec les approches classiques de conception des politiques publiques sans implication des bénéficiaires.
Selon lui, la jeunesse occupe une place centrale dans cette stratégie, rappelant qu’environ 74 millions de smartphones sont importés chaque année en Afrique de l’Ouest, principalement en provenance d’Asie.
“La chaîne de fabrication repose largement sur la jeunesse, d’où la nécessité de l’impliquer dès la phase de réflexion”, a-t-il expliqué.
Il a indiqué que les travaux du comité technique, prévus pour deux jours, devront permettre d’affiner une stratégie dont la mise en œuvre reposera en grande partie sur les jeunes, appelés à intégrer à terme les unités de production d’équipements électroniques.
José Dione, le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a indiqué que l’organisme onusien accompagne le Sénégal dans la mise en place d’espaces d’innovation, notamment à travers les Fab Labs et les pôles universitaires d’innovation et de technologie, communément appelés UniPod (University Innovation Pod), destinés à promouvoir l’entrepreneuriat technologique et l’innovation universitaire.
Katharina Noussi, directrice de programme à la GIZ, l’agence allemande pour la coopération internationale, a rappelé, de son côté, que l’institution qu’elle représente appuie la mise en œuvre du New Deal technologique à travers le projet “Going Digital”, financé par la coopération allemande, l’Union européenne et la France.
“Nous accompagnons le ministère dans la planification, la gouvernance et le suivi des programmes, notamment le programme Digital Factory, qui constitue une initiative clé pour le futur numérique du Sénégal”, a-t-elle souligné.
Mme Noussi a également insisté sur le caractère transversal de cette stratégie, qui touche des secteurs tels que la gouvernance, l’emploi des jeunes, le climat, l’énergie et la santé.
Madiaw Diop, membre de la Delivery Unit du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, s’est montré optimiste quant à la mise en œuvre de cette stratégie, rappelant que des résultats concrets ont déjà été présentés un an après le lancement du New Deal technologique.
“Le fait de pouvoir présenter un premier livrable après seulement un an est un signal fort. Cela montre que les mécanismes de suivi et de mise en œuvre commencent à produire des résultats”, a-t-il estimé.
Le programme ”Sénégal Digital Factory” s’inscrit dans la volonté des autorités de positionner le Sénégal comme un hub d’innovation technologique en Afrique de l’Ouest, en misant sur la formation, l’innovation et la production locale.
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