SENEGAL-SANTE-TECHNOLOGIE
Dakar, 7 avr (APS) – La sécurisation des données des patients est d’une grande importance face à la multitude de solutions numériques dans le secteur de la santé, a souligné le docteur Sylla Thiam, médecin en santé publique, prônant une actualisation de l’arsenal juridique afin de mieux prendre en compte cette réalité.
“Il y a une réglementation qui existe sur la protection des données personnelles. Il y a une législation et une structure dédiée [la Commission nationale de protection des données personnelles – CDP]. Avec la multiplication des solutions numériques dans le secteur de la santé, il nous faut renforcer carrément l’arsenal juridique pour mieux protéger le patient”, a-t-il préconisé.
Le docteur Sylla Thiam s’entretenait avec l’APS dans le cadre de la célébration ce mardi de la Journée internationale de la Santé, portant cette année sur le thème “Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science”.
S’exprimant sur le rôle de la science, notamment des technologies numériques appliquées à la santé, le concepteur de la solution Health tech (santé digitale) dénommée Eco Santé insiste sur la protection des données des patients, qui épouse en même temps le principe du secret médical.
L’e-santé est un secteur très dynamique au Sénégal depuis une dizaine d’années, a souligné le docteur Sylla Thiam, plaidant pour une mutualisation des solutions qui favoriserait leur adoption par les structures sanitaires.
“Une initiative est en train d’être mise en œuvre par le ministère de la Santé. Elle doit être mise à l’échelle pour qu’elle soit adoptée dans les structures sanitaires du pays”, a-t-il signalé.
Le docteur Sylla Thiam pointe toutefois le déficit d’accès à Internet, à l’outil informatique et son utilisation par les agents, médecins, des infrastructures sanitaires.
Le médecin en santé publique a développé une initiative de surveillance médicale à domicile appelée Eco-santé, qui surveille les patients atteints de maladie chronique à domicile, grâce à la contribution d’infirmiers et de médecins, afin d’éviter les risques de complications et de décès prématurés.
“Aujourd’hui, détenir des données, c’est détenir le pouvoir. Et tout ce que l’on construit autour de l’IA et des algorithmes de traitement se construit sur la base de données”, a insisté le médecin, alertant sur le “risque pour des Etats comme le Sénégal, que ces données-là soient captées, partagées, vendues à des créateurs de solutions numériques sans consentement ni contrepartie”.
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