SENEGAL-ECONOMIE
Ross-Béthio, 29 mars (APS)- Les producteurs et transformateurs de riz de la vallée du fleuve Sénégal ont exprimé, leur vives inquiétudes face à l’accumulation de stocks d’invendus, appelant les autorités à prendre des mesures urgentes pour sauver la filière.
”Depuis le mois d’août, nous sommes confrontés à une mévente du riz local. Les différentes campagnes agricoles, notamment celles de contre-saison et d’hivernage ont permis de produire plus de 200 000 tonnes de riz blanc, mais une grande partie de cette production peine à trouver preneur’’, a déclaré Alioune Diagne, président de l’Association nationale des riziers, lors d’un point de presse organisé samedi à Ross-Béthio.
M. Diagne a indiqué qu’une convention signée le 12 novembre 2025 avec des importateurs avait permis d’écouler environ 6050 tonnes, avant que ces derniers ne suspendent leurs achats en raison de la concurrence du riz importé, vendu à des prix plus bas.
Le producteur a fait savoir que les riziculteurs ont environ 14 000 tonnes de riz blanc et près de 40 000 tonnes de paddy en stock.
Une situation, qui, selon lui, a conduit à l’arrêt partiel des activités de transformation et à la mise en chômage technique de plusieurs travailleurs.
Les acteurs de la filière déplorent également le retard dans l’application des mesures annoncées par les autorités, notamment une subvention de 50 francs CFA par kilogramme destinée à rendre le riz local plus compétitif.
‘’Nous demandons au président de la République et au Premier ministre de prendre en charge ce dossier en urgence. Nous plaidons aussi pour l’opérationnalisation rapide des subventions et des achats institutionnels’’, a dit M. Diagne.

‘’Cette mesure a été annoncée, mais elle n’est toujours pas effective’’, a regretté M. Diagne, évoquant aussi l’absence de mise en œuvre des achats institutionnels pourtant prévus par l’État.
De son côté, Aïssatou Gaye, présidente du Collège des transformateurs de riz, a insisté sur les difficultés financières auxquelles font face les unités agro-industrielles.
Elle a notamment relevé l’existence des stocks importants qui ne sont pas écoulés, alors que les banques commencent à se retirer. Ce qui compromet la poursuite des activités et le financement des campagnes agricoles.
Elle a averti que sans débouchées ni accompagnement financier, les transformateurs ne seront plus en mesure de soutenir les producteurs, notamment pour l’acquisition d’intrants agricoles.
Plusieurs acteurs de la filière rizicole ont estimé que sans intervention rapide, la production nationale pourrait être fortement impactée, compromettant les objectifs de souveraineté alimentaire du Sénégal.
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