SENEGAL-EDUCATION
Dakar, 22 juil (APS) – Le facilitateur de la transformation systémique de l’école et membre du Comité scientifique de la refondation de l’école sénégalaise, Abdoullah Cissé, a souligné, mercredi à Dakar, la nécessité de s’appuyer sur l’expérience des anciens ministres de l’Éducation afin de nourrir la réflexion engagée pour une refondation en profondeur du système éducatif national à l’horizon 2050.
“Nous avons besoin de votre expérience et de votre expertise pour mieux distinguer ce qui est à préserver et à consolider, les erreurs à éviter ainsi que les verrous persistants que nous devons dépasser pour faire évoluer le système éducatif”, a-t-il déclaré.
Il s’exprimait lors de la rencontre entre le Comité scientifique de la refondation curriculaire et le Comité consultatif des anciens ministres de l’Éducation nationale, en présence Moustapha Mamba Guirassy, l’actuel ministre en charge de ce secteur.
Selon Abdoullah Cissé, cette séance avait avant tout pour objectif de recueillir les enseignements tirés des réformes éducatives conduites au Sénégal au cours des dernières décennies.
La démarche actuelle marque une rupture conceptuelle majeure, passant d’une logique de révision ou de réforme à une véritable refondation du système éducatif, a-t-il dit.
“La refondation interroge les finalités éducatives. Elle nous amène à redéfinir le citoyen que nous voulons former à l’horizon 2050, en termes de valeurs, de compétences, de repères culturels et spirituels, tout en restant ouvert au monde”, a expliqué le membre du comité scientifique.
Les réformes concernent davantage les méthodes d’apprentissage, notamment à l’ère du numérique, de l’intelligence artificielle et de l’introduction des langues nationales, tandis que les révisions portent principalement sur les contenus enseignés, a-t-il indiqué.
Abdoullah Cissé a insisté sur la nécessité de construire “une école de réussite, d’équité et de sens”, capable de répondre aux attentes des familles et de la société sénégalaise, dans un contexte marqué par de profondes mutations sociales, technologiques et environnementales.
Le Comité scientifique, composé de 21 membres issus de disciplines variées liées à l’éducation, s’est structuré autour de cinq sous-comités consacrés respectivement aux finalités et à la citoyenneté, aux langues et apprentissages, à la santé et à la durabilité, à la gouvernance et au financement, ainsi qu’aux sciences, au numérique et à l’intelligence artificielle.
Les travaux du comité reposent sur une méthode fondée sur l’écoute et la concertation, a soutenu M. Cissé, ajoutant qu’avant toute formulation de recommandations, une phase préalable d'”alignement scientifique” permet, selon lui, de partager les analyses, de clarifier les concepts et de tirer les leçons des réformes antérieures.
“Nous n’avons voulu instruire aucun dossier sans vous avoir écouté. Vos contributions constitueront une matière essentielle de notre séquence de réflexion initiale”, a-t-il affirmé.
Il a également annoncé une vaste phase de consultations qui débutera à partir de septembre et d’octobre prochains, impliquant les enseignants, les syndicats, les parents d’élèves, les collectivités territoriales.
Il a cité aussi les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers, les “daara” (écoles coraniques), ainsi que les personnes vivant avec un handicap ou ayant connu une rupture scolaire.
“Personne ne sera exclu. Nous voulons que chaque acteur concerné puisse contribuer à cette réflexion nationale”, a-t-il assuré.
Le facilitateur de la transformation systémique de l’école a par ailleurs plaidé pour la préservation de la mémoire institutionnelle du secteur éducatif, estimant que les témoignages des anciens responsables constituent un patrimoine stratégique pour le Sénégal.
“Votre expérience est un patrimoine pour la refondation. Ce que vous représentez aujourd’hui dépasse les appartenances politiques, c’est le Sénégal qui est réuni autour de l’avenir de son école”, a-t-il déclaré.
Abdoullah Cissé a salué l’initiative du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, qu’il considère comme “une démarche exemplaire” de valorisation de la mémoire institutionnelle et de capitalisation des expériences au service des politiques publiques.
AN/BK

