Réduction des émissions de gaz à effet de serre : le Sénégal s’apprête à intégrer les dimensions genre et nutrition
Réduction des émissions de gaz à effet de serre : le Sénégal s’apprête à intégrer les dimensions genre et nutrition

SENEGAL-CLIMAT-PLANIFICATION

Thiès, 6 oct (APS) – Les membres d’un groupe pluridisciplinaire regroupant une trentaine d’agents issus de plusieurs ministères et d’autres entités ont démarré lundi à Thiès une formation de trois jours destinée à les préparer à l’intégration des dimensions genre et nutrition dans la formulation de la prochaine Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) du Sénégal, en cours de finalisation.

Les contributions déterminées au niveau national (CDN) renvoient à des plans nationaux d’action climatique, élaborés par chaque pays dans le cadre de l’Accord de Paris, explique un site de l’organisme onusien.

“La CDN d’un pays décrit comment il prévoit de réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour contribuer à atteindre l’objectif mondial de limiter la hausse des températures à 1,5 °C et s’adapter aux impacts des changements climatiques”, poursuit la même source.

La série de CDN 3.0 est attendue pour détailler les actions climatiques prévues par les pays jusqu’en 2035

Conformément à l’Accord de Paris, les CDN doivent être mises à jour tous les cinq ans, “avec une ambition croissante, en tenant compte des capacités de chaque pays”.

Au Sénégal, la Direction du changement climatique, de la Transition écologique et du Financement vert (DCCTEFV) pilote cette CDN.

Elle prend part à cet atelier de Thiès, aux côtés de points focaux genre et changement climatique des ministères en charge de l’Environnement, de  Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche, de l’Hydraulique, de la Santé et de l’Action sociale, de la Femme et de la Famille, de la Protection de l’enfance et l’Emploi.

La formation est élargie à des représentants de collectivités territoriales impliquées dans la mise en œuvre locale de la CDN3, ainsi que d’organisations de la société civile et d’organisations de femmes actives dans les domaines du climat, de l’agriculture, de la nutrition, entre autres.

Cette session est organisée par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, en collaboration avec ONU/Femme et IPAR, Initiative prospective agricole et rurale.

”Les États parties à la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique sont appelés tous les cinq ans à déposer leur contribution déterminée (CND) au niveau national qui est l’engagement des États pour l’atteinte de l’objectif de l’accord de Paris”, a rappelé la représentante du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Dibor Sarr Faye.

Le Sénégal, après avoir déposé sa CDN 2.0 en 2020, s’est engagé dans le processus de finalisation de sa CDN 3.0, a-t-elle ajouté.

Prendre en compte la ”vulnérabilité différenciée” homme-femme

Le pays considère que la question du genre constitue “un élément fondamental” dans ce domaine, étant donné “la vulnérabilité différenciée aux impacts du changement climatique entre les hommes et les femmes”.

D’où l’importance de faire ressortir ces vulnérabilités, pour pouvoir les prendre en charge dans les options d’adaptation.

“C’est la raison pour laquelle, explique-t-elle, aujourd’hui, nous sommes ici avec l’appui de ONU Femme [et]  l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR) qui nous accompagnent dans le processus de formulation de la CDN, en intégrant les questions de genre et de nutrition”.

”Il y a un problème d’inégalité en matière d’accès aux ressources productives, aux financements notamment, aux espaces de prise de décision”, a relevé, dans la même optique, Laurenzo Rovelli, spécialiste régional en genre changement climatique et économie verte au bureau régional d’ONU Femmes pour l’Afrique du centre et de l’Ouest.

Cette situation, selon lui, “impacte à la fois la vulnérabilité et la capacité des femmes à jouer pleinement leur rôle en matière de renforcement de la résilience climatique des communautés, des écosystèmes, mais aussi en matière d’adaptation au changement climatique”.

Pour l’expert, au Sénégal et plus largement dans la sous-région ouest-africaine, les femmes jouent déjà “un rôle clé” en matière de gestion des écosystèmes côtiers et forestiers, ainsi que dans les chaînes de valeur agricoles.

”Nous sommes en train de finaliser la CDN 3.0 et nous devons nous projeter sur sa mise en œuvre et le financement des actions contenues dans [ce document], en tenant compte [des] dimensions genre et nutrition”, a insisté M. Rovelli.

Les cinq modules au menu de la session portent notamment sur l’intégration du genre et de la nutrition dans la formulation des projets climatiques, la mobilisation des ressources, le plaidoyer ou encore l’architecture et les instruments du financement climatique de la CDN 3.

L’atelier alternera apports théoriques, études de cas tirés de la CDN3 et travaux pratiques en groupes, selon les organisateurs.

BT/ADI/BK