SENEGAL-SOCIETE-PLAIDOYER
Ziguinchor, 20 fév (APS) – Le président de la Fédération des associations religieuses et des communautés en Casamance (sud), Chérif Boun Chamsidine Aïdara, a lancé, vendredi, un appel à la solidarité, au renforcement de l’éducation des jeunes et au dialogue entre les différentes composantes de la nation, à l’occasion du mois béni du Ramadan.
S’exprimant dans un entretien accordé à l’APS, le guide religieux a d’abord adressé ses vœux à la communauté musulmane, tout en souhaitant également un bon mois de carême aux fidèles chrétiens, saluant la coïncidence entre ces deux périodes de ferveur spirituelle.
La coïncidence entre le Ramadan et le Carême “rappelle que la fraternité religieuse est déjà décrétée par Dieu. Il nous appartient de la pratiquer et de la matérialiser à travers l’amour, le pardon, la paix et la solidarité”, a-t-il déclaré.
Il a rappelé que le Ramadan, quatrième pilier de l’Islam, repose sur trois principes fondamentaux que sont l’intention, l’abstinence et la solidarité.
“L’abstinence ne concerne pas seulement la nourriture et la boisson, mais tout ce qui est interdit. C’est un mois d’apprentissage et d’entraînement aux valeurs morales”, a-t-il expliqué, invitant les fidèles à revisiter les enseignements prophétiques et à renforcer le partage et l’entraide.
Face aux nombreuses crises – économiques, sociales et sécuritaires – qui secouent le monde, Chérif Aïdara estime que cette période spirituelle constitue “une opportunité pour se ressaisir et travailler à préserver la paix sociale”.
Il a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, notamment entre les jeunes et les forces de défense et de sécurité.
“Quand on ne s’entend plus, ce n’est pas la force qu’il faut utiliser, mais le dialogue. La jeunesse doit se ressaisir et faire valoir ses revendications dans le respect”, a-t-il souligné, appelant également les autorités et les acteurs politiques à éviter toute instrumentalisation de la religion.
Chérif Boun Chamsidine Aïdara a plaidé pour un rôle accru des leaders religieux dans la médiation et la prévention des conflits, afin d’anticiper les tensions au lieu d’intervenir uniquement en période de crise.
Il a salué, à ce titre, la volonté des autorités d’accompagner toutes les confessions religieuses.
Abordant la question de l’éducation, il a déploré “une insuffisance dans l’encadrement des jeunes”, estimant que “l’on enseigne beaucoup, mais on n’éduque pas assez”.
Il a invité parents, enseignants et guides religieux à incarner eux-mêmes les valeurs qu’ils prônent, notamment face à l’influence des réseaux sociaux.
Il a enfin exhorté les fidèles à faire du Ramadan un moment de prière, de retenue et d’introspection.
“Notre grand ennemi pendant le Ramadan, ce n’est pas forcément Satan, mais nous-mêmes. C’est un mois pour la prière, pas pour les invectives ; pour la fraternité, pas pour les règlements de comptes”, a-t-il conclu.
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