Dakar, 2 jan (APS) – Un seul candidat, le professeur Daouda Ndiaye, parmi les 10 dont les parrainages ont été contrôlés mardi matin, a réuni des parrains conformes à la loi électorale, a-t-on appris des mandataires, au siège du Conseil constitutionnel, à Dakar.

Chef du département de parasitologie de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, scientifique de renommée internationale et un des plus grands chercheurs du monde en matière de paludisme, M. Ndiaye présente une candidature indépendante à l’élection présidentielle du 25 février prochain.

Il a réuni 46.656 parrains ‘’validés’’, a expliqué son mandataire, Ibrahima Lô.

Saluant ‘’le travail très sérieux’’ de la commission de contrôle des parrainages, M. Lô est d’avis que ‘’tous les candidats qui ont bien travaillé s’en sortiront parce que le logiciel est très clair et transparent’’.

Les parrainages de 10 candidats à la candidature ont été examinés mardi matin par ladite commission, qui se penchera sur ceux de 19 autres dans l’après-midi.

L’ancien Premier ministre Idrissa Seck doit corriger quelque ‘’8.000 doublons externes’’ faisant partie des 58.975 parrains présentés dans son dossier de candidature, selon son mandataire, Ass Babacar Guèye.

Il a un ‘’rattrapage à faire’’ pour que sa collecte de parrains soit jugée conforme à la loi, a dit M. Guèye aux journalistes.

‘’Il y a beaucoup de choses que les gens ne comprennent pas dans le fichier électoral. On travaille sur la base de pièces d’identité, avec un logiciel qui nous permet de dire que tel électeur ou tel autre est dans le fichier. Malheureusement, sans aucune explication, on peut vous sortir un nombre d’électeurs pour vous dire qu’ils ne sont pas dans le même fichier’’, s’est inquiété M. Guèye.

Les parrains réunis par l’opposant Cheikh Abdou Bara Mbacké Dolly, candidat de la coalition ‘’Nekal Fi Askan Wi’’, ont été invalidés, car les noms d’environ 15.000 d’entre eux ne figurent pas dans le fichier électoral, selon la commission de contrôle.

‘’Si on nous enlève ces 15.000 parrains, nous n’avons plus le minimum requis’’, a dit aux journalistes son mandataire, Demba Dior Fall.

Les parrainages de Mbacké Sarr, des anciens ministres Alioune Sarr et Cheikh Bamba Dièye, de Oumar Sylla, de l’ex-maire de Thiès (ouest), Talla Sylla, du maire de Grand-Dakar, Jean Baptiste Diouf, et de l’ancien magistrat Ibrahima Hamidou Dème ont également été invalidés, car ils ne sont pas conformes au code électoral, selon la commission de contrôle.

Quatre-vingt-treize dossiers de déclaration de candidature ont été déposés auprès du greffe du Conseil constitutionnel, a déclaré cette institution, vendredi dernier.

Six femmes, dont les anciennes ministres Assome Aminata Diatta et Aïssatou Mbodj, dite Aïda, font partie des 93 candidats à la candidature à l’élection présidentielle.

L’entrepreneure Anta Babacar Ngom, l’universitaire Amsatou Sow Sidibé, l’ancienne Première ministre Aminata Touré et le médecin Rose Wardini font partie des six femmes ayant déposé un dossier de candidature à l’élection présidentielle.

Au terme de la première journée d’évaluation des parrainages, samedi dernier, seuls trois candidats à la candidature à l’élection présidentielle, Boubacar Camara, Cheikh Tidiane Dièye et Déthié Fall, avaient obtenu des parrains jugés conformes à la loi électorale. Ces derniers font partie des principaux leaders de l’opposition.

La commission de contrôle des parrainages avait évalué, ce jour-là, les parrains de 20 candidats, dont l’avocat Me El Hadji Moustapha Diouf et Rose Wardini. Ces deux candidats doivent corriger des manquements observés dans les parrains présentés dans leur dossier de candidature, selon la commission.

Elle a invalidé les parrains réunis par l’ancien Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré, l’avocat Amadou Aly Kane, Papa Eugène Barbier, Abdoulaye Sylla, les anciens ministres Cheikh Tidiane Gadio, Mary Teuw Niane et Assome Aminata Diatta.

Les parrainages de Mohamed Ben Omar Diop, Malick Guèye, Mohamed El Habib Tounkara, Mamadou Sambou Yatassaye, Papa Macodou Diouf et Samba Ndiaye, un ancien conseiller du président de la République, ont reçu la même sanction.

En vertu du nouveau code électoral du Sénégal, tout candidat à l’élection présidentielle doit réunir entre 0,6 et 0,8 % – soit 44.231 à 58.975 électeurs – du nombre d’électeurs inscrits sur le fichier électoral.

Les candidats ont également la possibilité de collecter des parrains auprès des maires et des présidents de conseil départemental. S’ils font cette option, le code électoral leur fait obligation de réunir 120 signatures au moins, soit 20 % de l’effectif des présidents des conseils municipaux et départementaux.

Il est également loisible aux candidats de recourir au parrainage parlementaire. Dans ce cas-là, ils doivent collecter au moins 13 signatures, soit 8 % de l’effectif des députés.

La liste des candidats dont la collecte de parrainage est conforme à la loi sera publiée le 12 janvier.

Huit jours plus tard, le 20 janvier, le Conseil constitutionnel va rendre publique la liste des candidatures jugées recevables.

La campagne en vue du scrutin présidentiel du 25 février va démarrer le 4 février.

Les Sénégalais vont élire le cinquième président du pays. Pour la première fois, le Sénégal organise un scrutin présidentiel auquel le chef de l’État sortant n’est pas candidat.

CS/ESF/ADL/MTN

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