SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 22 mai (APS) – Une étude sur les déficits en nutriments menée au Sénégal a révélé que près de la moitié de la population n’a pas accès à une alimentation nutritive et équilibrée, ont indiqué des responsables du secteur de la nutrition du Programme alimentaire mondial (PAM).
“Aujourd’hui, 50 % de la population [sénégalaise] n’a pas accès à une alimentation nutritive regroupant les cinq groupes d’aliments” nécessaires, a déclaré Pierre Lucas, représentant-résident du PAM, lors d’un atelier de validation technique des résultats de base de cette étude.
Intitulée Fill the Nutrient Gap (FNG) Sénégal, une étude a été lancée en janvier 2025 par le gouvernement sénégalais, à travers le Conseil national de développement de la nutrition (CNDN).
Selon M. Lucas, “de nombreux ménages, notamment en milieu rural, privilégient des aliments énergétiques à base de céréales au détriment des protéines et d’autres aliments plus riches en nutriments”.
Le représentant résident du Programme alimentaire mondial a salué “un travail collectif” conduit sous le leadership du CNDN, de concert avec le Commissariat à la sécurité alimentaire et à la résilience (CSAR), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres partenaires.
Il a expliqué que la nouvelle méthodologie développée par le PAM intègre à la fois les aspects “nutritionnels, économiques et les habitudes de consommation des ménages”.
M. Lucas estime que cette étude permettra à l’État du Sénégal de mieux orienter ses politiques publiques en matière de nutrition, de souveraineté alimentaire et de diversification de la production agricole.
Il a également cité comme leviers d’action le développement des cantines scolaires, dont la couverture devrait passer de 11 % des écoles primaires actuellement à 50 % d’ici 2030, ainsi que la fortification du riz en vitamines et en fer pour améliorer l’état nutritionnel des populations.

“Cette étude vise à mettre sur la table des évidences sur la question de la nutrition, notamment la raréfaction de certains micronutriments et vitamines dans l’alimentation des Sénégalais”, a relevé, pour sa part, le secrétaire exécutif du Conseil national de développement de la nutrition, Mbaye Sène.
Selon M. Sène, l’enquête a été menée dans les 14 régions du Sénégal à travers 90 grands marchés publics, afin d’évaluer le coût de l’alimentation, l’accessibilité financière des aliments et leur apport en micronutriments.
Les premiers résultats montrent “un écart entre le coût financier de l’alimentation des Sénégalais et le coût que les ménages devraient supporter pour disposer d’une alimentation saine et nutritive”, a-t-il souligné.
“Les Sénégalais payent parfois plus cher qu’il ne faudrait pour se nourrir sainement”, a affirmé M. Sène, estimant qu’un changement de comportement alimentaire est nécessaire pour mieux identifier les aliments nutritifs disponibles localement.
Il a assuré que les résultats de l’étude seront prochainement vulgarisés dans des langues nationales, notamment en wolof et en sérère, afin de favoriser leur appropriation par les communautés.
Mbaye Sène a par ailleurs insisté sur la nécessité de disposer de données probantes pour des réponses appropriées sur cette question.
AUT : NSS/BK/AKS
