Les fonds politiques doivent faire l’objet d’un encadrement, réaffirme Ousmane Sonko
Les fonds politiques doivent faire l’objet d’un encadrement, réaffirme Ousmane Sonko

SENEGAL-POLITIQUE-GOUVERNANCE

Dakar, 22 mai (APS) – Les fonds politiques doivent faire l’objet d’un encadrement pour plus de transparence dans leur utilisation, a réaffirmé, vendredi, à Dakar, le Premier ministre, Ousmane Sonko.

“Je rappelle que les fonds politiques font partie de nos engagements politiques. Je ne suis pas d’accord avec le président [de la République sur cette question], j’estime qu’il s’est trompé et j’espère qu’il va revenir à de meilleurs sentiments” à ce sujet, a-t-il dit.

Ousmane Sonko et les membres du gouvernement répondaient à des questions d’actualité des députés lors d’une séance plénière de l’Assemblée nationale.

Il a rappelé que la question de l’encadrement des fonds politiques renvoie à une position exprimée par le parti Pastef (au pouvoir) en 2014, au moment où cette formation débutait ses activités.

“En 2019, j’étais candidat [à la présidentielle] et on l’a intégrée dans le programme et on a fait la même chose pour le programme de la coalition Diomaye président. Ce n’est pas une chose qui nous a été imposée, au contraire”, a-t-il précisé.

Le Premier ministre, également président du parti Pastef-Les patriotes, a assuré que le débat autour de cette question ne cible personne, mais relève plutôt d’une question de principe.

“On n’a jamais dit au président que l’on va supprimer les fonds politiques, mais on a dit qu’il faut contrôler leur utilisation. Aucun centime du peuple sénégalais ne doit être dépensé sans contrôle”, a déclaré Ousmane Sonko.

A l’en croire, dans pays les occidentaux comme la France, le président n’a pas de fonds politique, mais plutôt le Premier ministre, et les fonds en question sont contrôlés par une commission.

“J’ai des fonds politiques à la Primature qui s’élève à 1 milliard 770 millions francs CFA, donc ce débat n’est dirigé contre personne”, a-t-il tranché, avant d’évoquer une rencontre avec le chef de l’État après avoir eu connaissance, à ce sujet, d’une initiative parlementaire portée par le député Guy Marius Sagna.

“J’ai discuté avec le président de la République pour lui signifier que si l’Assemblée nationale se saisit de cette question, ce sera un [échec] pour notre régime”, a-t-il indiqué.

Interrogé récemment sur les fonds politiques et le manque de transparence concernant leur gestion, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a justifié leur maintien, évoquant des dépenses sensibles liées notamment à la sécurité, au renseignement et aux engagements internationaux.

Il a soutenu ces ressources relèvent de dépenses qui ne peuvent être détaillées publiquement, certaines missions de l’État exigeant une discrétion absolue, incompatible avec une communication exhaustive sur l’utilisation de ces fonds.

AUT : FD/HB/BK