Près de 12 000 nouveaux cas de cancer par an enregistrés au Sénégal, selon un cancérologue
Près de 12 000 nouveaux cas de cancer par an enregistrés au Sénégal, selon un cancérologue

SENEGAL-SANTE

Dakar, 4 fév (APS) – Le risque d’incidence du cancer s’élève à 11% au Sénégal, soit près de 12 000 nouveaux cas diagnostiqués par an, a-t-on appris, mercredi du chirurgien-cancérologue Ahmadou Dème. 

”Le risque d’incidence du cancer dans notre pays est de l’ordre de 11%, c’est-à-dire presque 12 000 nouveaux cas par an ou encore une personne sur dix risque d’avoir un cancer dans sa vie”, a-t-il dit.

L’universitaire et membre de la Société sénégalaise de cancer (SOSECAN) s’exprimait lors d’une table ronde organisée dans le cadre de la Journée internationale contre le cancer, commémorée le 4 février de chaque année.

La présente édition porte sur le thème “United by Unique” (Unis par l’unique).

Soulignant que le Sénégal se trouve dans des configurations où ”l’incidence du cancer et de la mortalité se côtoient”, le professeur Ahmadou Dème a indiqué que celle-ci se chiffre à 8 000 cas par an, le risque de mortalité avant l’âge de 75 ans se situant à un taux d’environ 8%.

Intervenant lors de cette table-ronde, le directeur général de la Santé (DGS) au ministère de tutelle, le professeur Ousmane Cissé, a confirmé que l’incidence du cancer et de la mortalité qu’il induit est tout aussi “préoccupante”. 

”Notre pays enregistre chaque année environ 11 841 nouveaux cas de cancers. Ceux du col de l’utérus, du sein, du foie, de la prostate et de l’estomac figurent parmi les plus fréquents, avec plus de 8 000 décès” notés, a-t-il déclaré, citant des données du Centre international de recherche sur le cancer.

Le praticien s’est par ailleurs félicité de la relance, en 2022, du Registre national du cancer, un document grâce auquel le Sénégal “dispose aujourd’hui de données plus fiables pour mieux comprendre et orienter efficacement ses actions” de prévention et de lutte.

Il a en ce sens évoqué une collecte rétrospective, couvrant la période 2015-2024 dans 32 structures publiques et privées de prise en charge du cancer, ayant permis d’analyser plus de 30 000 cas, avec une forte prévalence de certains cancers, notamment ceux du sein, du col de l’utérus et de la prostate.

“Ces données révèlent également des disparités régionales importantes, avec près de 41 % des cas concentrés dans les régions de Dakar et Thiès”, a ajouté le professeur Cissé, insistant sur l’impératif de renforcer l’accès aux soins et au dépistage sur l’ensemble du territoire national.

Présent à la rencontre, le docteur Oubraham Rylia, représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a invité les partenaires et les donateurs à investir dans des programmes durables, intégrés et à fort impact préventif.

Il a également appelé les agents de santé à continuer à faire preuve de compétence, de compassion, en rapprochant les services des communautés ainsi que la confiance dans les soins.

“Les personnes vivant avec le cancer et les patients guéris doivent rester au cœur des interventions nationales non seulement en tant que bénéficiaires des soins, mais aussi en tant que défenseurs et partenaires du changement”, en cohérence avec le thème de la Journée mondiale de cette année, qui appelle à l’unité de tous les acteurs.

NSS/AB/ABB/BK