SENEGAL-ECONOMIE-AGRICULTURE
Mbane (Dagana), 24 jan (APS) – La production nationale de pommes de terre attendue en 2026 est estimée à plus de 255 000 tonnes contre des besoins évalués à environ 210 000 tonnes sur une période de 14 mois, a annoncé, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.
”La production nationale de pommes de terre pour la campagne 2026 est estimée à plus de 255 000 tonnes contre des besoins évalués à environ 210 000 tonnes sur une période de 14 mois incluant les moments de forte consommation comme la Tabaski, le Magal de Touba et les fêtes de fin d’année”, a t-il déclaré, vendredi, à Mbane dans le département de Dagana (nord),
Mabouba Diagne visitait les installations de Swamy Agri, une entreprise spécialisée dans la production de pommes de terre et d’oignons, à l’occasion du lancement de la campagne de récolte.
Cette performance repose essentiellement sur la disponibilité des semences, a t-il expliqué, ajoutant que sur un total de 30 896 tonnes de semences, Swamy Agri en détient 11 000 tonnes issues en grande partie d’une production locale estimée à 14 000 tonnes dont 3 000 cédées à d’autres producteurs.
Il a précisé que les importations officielles de semences réceptionnées au port de Dakar par la Direction de la protection des végétaux (DPV) s’élèvent à 16 896 tonnes.
Le ministre a également souligné que la production de Swamy Agri est, à elle seule, estimée à 155 000 tonnes avec des rendements compris entre 40 et 45 tonnes à l’hectare, tandis que le reste du pays devrait produire environ 100 000 tonnes avec des rendements moyens de 25 tonnes à l’hectare chez les petits producteurs.
Au-delà de la production, Mabouba Diagne a insisté sur l’enjeu stratégique du stockage.
”La capacité nationale de stockage frigorifique de la pomme de terre est actuellement estimée à 180 000 tonnes, dont 145 000 tonnes détenues par Swamy Agri. Plusieurs investisseurs nationaux et privés contribuent également à cet effort avec des capacités de stockage comprises entre 2 000 et 12 000 tonnes”, a-t-il souligné.
Fort de ces acquis, le gouvernement envisage désormais des opportunités d’exportation vers la sous-région, notamment le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Des mécanismes innovants d’échanges commerciaux tels que des accords de troc agricole sont également à l’étude, d’après M. Diagne.

En revanche, il a reconnu que l’oignon demeure un défi majeur, soutenant que malgré une production nationale estimée à 450 000 tonnes, les besoins du marché et les pertes post-récolte liées à l’insuffisance des capacités de stockage, persistent.
Mabouba Diagne a invité le secteur privé national à investir dans les infrastructures de conservation, soulignant qu’un investissement de 9 milliards de francs CFA permettrait de créer une capacité de stockage supplémentaire de 35 000 tonnes.
Il a en outre exhorté Swamy Agri à renforcer sa responsabilité sociétale en collaborant avec les institutions nationales de recherche afin de proposer des kits techniques pour la pomme de terre et l’oignon, destinés à améliorer la productivité des petits producteurs et à restaurer la fertilité des sols.

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