SENEGAL-SANTE-POINT
Kédougou, 21 mai (APS) – La région de Kédougou a enregistré 61 482 cas de paludisme l’année dernière, touchant majoritairement les enfants de plus de 5 ans et les femmes enceintes, a révélé le superviseur des soins de santé primaires, Yafaye Camara.
Malgré l’ampleur de ces chiffres, la mortalité liée à la maladie, a diminué de moitié, passant de 14 décès en 2024 à 7 cas en 2025, a-t-il précisé dans un entretien avec l’APS.
‘’ Globalement en 2025 la région de Kédougou a enregistré 61 482 cas de paludisme, notamment 53 714 cas chez les enfants plus de 5 ans et 1168 cas chez les femmes enceintes. Et les décès sont réduits avec 7 cas chez les enfants ’’, a indiqué Yafaye Camara.
Le département de Saraya est la zone la plus endémique de la région, a expliqué le superviseur des soins de santé primaires, soulignant que cette prévalence est particulièrement élevée au niveau du Poste de Santé de Karakhéna, qui enregistre un taux d’incidence de 2520 cas pour 1000 habitants.
Le Poste de santé de Khossanto arrive en deuxième position avec 1146 cas pour 1000 habitants, suivi de ceux de Daloto (877 cas), de Medina Sirimana (870 cas) et Wansangran (700 cas)’’ a-t-il fait savoir, soulignant que ces localités sont des zones d’orpaillage qui abritent une forte population de migrants.
”En termes de prévention, les moustiquaires que l’on distribue ne suffisent pas. Et il y’a des facteurs qui favorisent la prolifération des vecteurs, par exemple la stagnation des eaux pluviales ou de lavage du minerai et les autres déchets qui sont laissés à l’air libre’’, a-t-il ajouté.
Le département de Kédougou vient en deuxième position sur l’enregistrement des cas de paludisme, a-t-il indiqué, citant notamment la forte prévalence notée dans les villages de grand Tenkoto, de Bantako et de Mako.
‘’ C’est le département de Salémata qui enregistre le moins de cas de paludisme. Mais nous devons amplifier la lutte dans les postes de Darou, de Ningou, de Thiankoye, de Kévoye et de Népein, qui enregistrent des cas de paludisme dans le district sanitaire de Salémata”, a-t-il insisté.
Le superviseur des soins de santé primaires a par ailleurs fait savoir que la région de Kédougou a enregistré 22 200 cas pour le premier trimestre de l’année 2026, contre 18 976 cas sur la même période en 2025. Un bond statistique qu’il explique en déplorant le déficit de relais communautaires au sein des services sanitaires publics.
”C’est pour vous dire que le paludisme est là et nous demandons à tous les acteurs de s’impliquer pour pouvoir atteindre l’objectif d’éliminer la maladie dans la région de Kédougou”, a-t-il plaidé.
Il a indiqué que la direction de la Santé est en train de mener des interventions dans le cadre de la prise en charge et de la prévention de la maladie.
‘’Nous sommes en train de faire la formation des prestataires sur les nouvelles directives de la prise en charge. Et bientôt, nous allons démarrer la campagne de chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) chez les enfants. De plus, au niveau des postes de santé et des maternités, les infirmiers et les sages-femmes sont en train de distribuer des moustiquaires imprégnées à la population’’, a-t-il annoncé.
Yafaye Camara a rassuré que les femmes enceintes bénéficient des traitements préventifs dispensés par les sages-femmes lors des visites prénatales, et ce, dans toutes les structures sanitaires publiques de la région de Kédougou.
‘’ il y’a aussi une stratégie que la direction de santé est en train de développer au niveau communautaire à savoir le PECADOM (prise en charge des cas de paludisme à domicile) avec les dispensateurs de soins à domicile (DSDOM) parce que l’accès est difficile dans beaucoup de zone en période hivernale’’ a dit M. Camara.
Il a invité les autorités locales à s’engager pleinement dans la lutte contre le paludisme dans la région de Kédougou.
‘’Nous voulons que les collectivités territoriales financent les activités de lutte contre le paludisme, parce que le plus souvent, c’est à ce niveau que se situent les problèmes. Et il n’y’a plus de partenaires [extérieurs] et on doit compter sur les moyens endogènes, des ressources qui nous viendront des collectivités territoriales’’, a-t-il plaidé.
Il a toutefois salué le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et le projet Reach Malaria, qui aident la direction de la Santé de Kédougou à mener la campagne CPS.
PID/ASB/AKS
