Plaidoyer pour une gouvernance unifiée et plus d’investissements pour booster la filière chevaline
Plaidoyer pour une gouvernance unifiée et plus d’investissements pour booster la filière chevaline

SENEGAL-SOCIETE-COMMEMORATION

Dakar, 11 juil (APS) – Le développement de la filière chevaline au Sénégal nécessite une meilleure organisation institutionnelle, un renforcement des investissements publics et une attention accrue au bien-être animal, afin de tirer le maximum du potentiel de ce secteur encore insuffisamment exploité, a estimé le directeur du développement des équidés au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, le Dr Alphonse Sène.

Dans un entretien accordé à l’APS en prélude à la Journée mondiale du cheval, institue il y a un an par les Nations unies et célébrée le 11 juillet de chaque année, il a insisté sur la nécessité d’un recentrage de la gouvernance de la filière répartie entre plusieurs départements ministériels.

”Aujourd’hui, l’élevage relève du ministère chargé de l’Élevage, le PMU [Pari mutuel urbain] dépend du ministère des Finances et les courses hippiques sont davantage rattachées au ministère des Sports. Or, toutes ces activités sont intimement liées”, a-t-il fait savoir,

Selon lui, cette dispersion freine le développement du secteur et ne milite pas pour sa meilleure coordination et l’efficacité des politiques publiques en faveur de la filière.

‘’Nous militons pour que tout soit regroupé afin d’optimiser la politique nationale de développement de la filière”, a insisté Dr Alphonse Sène.

Le directeur du développement des équidés a dans la même veine appelé les pouvoirs publics à consentir davantage d’investissements dans ce secteur ‘’porteur de croissance et d’emplois’’.

Défis budgétaires et enjeu de la lutte contre la maltraitance

‘’Notre premier défi est budgétaire. Nous devons faire comprendre aux pouvoirs publics qu’investir dans la filière chevaline, c’est investir dans l’avenir, créer des emplois et produire davantage de richesses’’, a-t-il dit, estimant que les ressources actuellement mobilisées restent en deçà des besoins au vu du potentiel dont elle regorge.

Le docteur vétérinaire a, toutefois, salué les acquis enregistrés grâce à certains programmes, dont le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS), qui a contribué au renforcement des interventions sanitaires en faveur des équidés de manière générale.

Au-delà des questions de gouvernance et de financement, le directeur du développement des équidés considère que le bien-être animal par la lutte contre la maltraitance constitue désormais un enjeu majeur pour l’avenir de la filière chevaline.

”Le cheval est parfois surutilisé. C’est pourquoi nous avons engagé un important travail de révision de la réglementation afin de mieux lutter contre la maltraitance”, a-t-il indiqué, annonçant la réactualisation en cours d’un arrêté interministériel encadrant la traction hippomobile.

Vers une nouvelle règlementation du transport hippomobile

”Il y a deux mois, nous avons réuni l’ensemble des acteurs pour réviser ce texte. Après près de dix ans d’application, il était nécessaire de l’actualiser et d’y intégrer davantage de dispositions relatives au bien-être animal”, a-t-il dit.

L’élaboration de ce texte en cours impliquera plusieurs départements ministériels, notamment ceux en charge de l’Agriculture, des Transports terrestres et de l’Intérieur, avec pour objectif de renforcer la réglementation du transport hippomobile et l’amélioration de la protection des chevaux, selon lui.

Plaidoyer pour une gouvernance unifiée et plus d’investissements pour booster la filière chevaline

Le directeur du développement des équidés a en outre tenu à préciser que la notion de bien-être animal ne se limite pas seulement aux chevaux de trait.

‘’Le bien-être animal est global. Il concerne les chevaux utilisés dans les courses, dans les haras, dans le tourisme ou encore dans les activités agricoles. Un cheval doit bénéficier d’une alimentation adéquate, d’un abreuvement suffisant, d’un suivi sanitaire régulier et de conditions de vie adaptées”, a-t-il souligné.

Dr Alphonse Sène a également attiré l’attention sur l’apparition de nouvelles maladies affectant les chevaux et qui sont liées à l’évolution des modes d’élevage.

”Le cheval est un animal naturellement libre. Avec le développement de certains types d’élevage, il est davantage maintenu en cage. Ce qui favorise certaines pathologies, notamment les coliques et d’autres troubles digestifs”, a-t-il mentionné, invitant les acteurs à davantage veiller au bien-être de ce compagnon dont ‘’l’utilité au fil des siècles n’est plus à démontrer’’.

MYK/ABB/MTN/ASB