Plaidoyer pour davantage d’investissements publics dans les collectivités territoriales
Plaidoyer pour davantage d’investissements publics dans les collectivités territoriales

SENEGAL-BUDGET-TERRITOIRES

Dakar, 30 juin (APS) – La plénière portant sur le Débat d’orientation budgétaire (DOB) de ce mardi a servi de cadre à beaucoup de députés pour lever le voile sur les inégalités sociales et les déséquilibres territoriales, appelant le gouvernement à davantage orienter les investissements au niveau des collectivités territoriales afin de corriger ces anomalies.

“Monsieur le ministre, je ne peux pas comprendre où concevoir au moment où vous parlez d’équité sociale les populations du département de Bakel construisent elles-mêmes des infrastructures scolaire et sanitaire”, a par exemple dit la députée Boye Diaby en interpellant le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan.

Cheikh Diba était venu présenter, devant l’Assemblée nationale, le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP) pour décliner les grandes orientations stratégiques pour l’exercice 2027, dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire (DOB).

La parlementaire évoquait notamment la situation du département de Bakel lequel, selon elle, ‘’manque presque de tout’’.

‘’Au moment où vous parlez d’équité sociale les populations de Bakel cotisent pour réhabiliter leur propre route pour pouvoir se déplacer en période hivernale”, a-t-elle martelé, notant que le débat doit porter sur la consolidation de la confiance entre l’Etat et les territoires.

Elle considère également que le gouvernement doit “accorder une attention particulière aux renforcement des infrastructures routières dans les zones frontalières qui sont des territoires de souveraineté”.

De son point de vue, ‘’un budget n’a de sens que s’il prend en compte les préoccupations des populations, notamment, dans les localités de l’intérieur du pays’’.

“Le développement ne doit pas être une promesse qui voyage de discours en discours, mais une réalité qui arrive jusqu’au dernier village. Le monde rural n’attend pas la charité de l’Etat, il attend simplement la justice territoriale”, a-t-elle souligné.

Mme Diaby a plaidé pour que la programmation budgétaire 2027-2029 accorde une attention particulière aux renforcements des infrastructures routières dans les départements enclavés, mais aussi au renforcement des investissements.

“Les crédits votés doivent produire des résultats visibles avec des écoles, des hôpitaux, des forages, des infrastructures et emplois et services”, a fait savoir la députée.

Abondant dans le même sens, sa consœur, Nafi Kane du département de Podor considère que “les priorités sont connus” et n’attendent juste à être traduites en réalisation.

“Les Sénégalais n’attendent pas de nouvelles promesses, mais ils attendent des résultats, des écoles construites, des enseignants mieux formés, des salles de santé mieux équipées, des médecins disponibles”, a-t-elle dit.

Elle s’est également interrogée  sur la pertinence d’inscrire des crédits et budget si les populations ne sont pas impactées.

“Notre rôle en tant que députés n’est pas seulement de voter des budgets, mais d’exiger des résultats”, a-t-elle signalé.

Mamadou Lamine Thiam a préconisé une structuration des collectivités territoriales qui ont besoin d’investissement pour que les populations sentent que l’Etat travaille.

“S’il n’y a pas une déclinaison territoriale du budget, il n’y aura jamais d’impact sur le développement”, a-t-il relevé.

Il a plaidé pour que l’orientation du budget soit davantage axée sur une déclinaison territoriale pour impacter la vie des populations.

Il s’agira, selon lui, de renforcer ‘’l’ensemble des programmes qui impactent et qui rectifient les disparités et inégalités territoriales’’, en faisant ,notamment allusion à des mécanismes comme Pacasen, Promovilles, Pudc, Puma, ‘’qui ont changé les visages de plusieurs collectivités territoriales’’.

FD/AN/FKS/SMD