SENEGAL-SANTE
Mbour, 26 sept (APS) – Des acteurs du secteur de la santé, des élus locaux et des responsables ministériels ont plaidé, vendredi à Mbour, pour l’instauration d’un cadre juridique, d’une formation certifiante et d’un statut professionnel pour les agents de santé communautaire.
Ils ont fait ce plaidoyer à l’occasion d’un atelier d’orientation stratégique consacré à la révision de la Politique nationale de santé communautaire.
Organisée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, cette rencontre a permis au président du Groupe de travail technique (GTT), Dr Kalidou Ba, de souligner la nécessité d’une intégration formelle des agents communautaires dans le système sanitaire.
“Les acteurs communautaires bénéficient déjà d’une reconnaissance de fait sur le terrain, car ils sont au cœur de toutes les initiatives actuelles du système de santé”, a-t-il déclaré, estimant que cette implication doit désormais se consolider sur le plan légal.
“Ils ont aujourd’hui besoin d’un statut juridique clair pour être pleinement valorisés et reconnus par l’institution”, a-t-il ajouté.
Selon lui, cette démarche s’inscrit dans les orientations nationales et sous-régionales portées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) pour moderniser les soins de proximité.
Déroulant la feuille de route de la réforme, le président du GTT a insisté sur le lien entre apprentissage et reconnaissance professionnelle.
“Qui dit professionnalisation dit nécessairement formation qualifiante et diplôme certifié”, a-t-il soutenu, précisant que l’objectif final demeure l’octroi d’un statut officiel garantissant une véritable carrière.
“Cela permettra d’intégrer ces acteurs dans le système de santé avec un plan de carrière structuré, une couverture médicale et des perspectives de retraite, ce qui évitera qu’ils ne se sentent délaissés lorsqu’ils tombent malades”, a-t-il expliqué.
Souadou Gueye a appuyé cette vision en parlant au nom des organisations à la base. “Un cursus de formation normalisé et un cadre réglementaire solide sont aujourd’hui indispensables pour consolider durablement la qualité des prestations de soins au plus près des populations”, a-t-elle déclaré.
Chargée de présenter le schéma directeur des réformes, Amy Mbacké a détaillé les composantes techniques de cette mutation, précisant que la méthodologie retenue repose sur “l’harmonisation des modules d’enseignement, la mise en place de mécanismes rigoureux d’évaluation des compétences et la création d’une grille statutaire propre aux professionnels de la santé communautaire”.
L’ensemble des intervenants s’est accordé sur l’urgence de concrétiser ce cadre légal et statutaire, afin de garantir l’équité sociale envers les acteurs de terrain et de renforcer l’efficacité du système sanitaire national.

AB/DS/OID/ADL
