SENEGAL-POLITIQUE-ANALYSE
Dakar, 27 mars APS) – L’historienne Penda Mbow, figure de la société civile sénégalaise, a souligné vendredi la nécessité de conduire des réformes institutionnelles adaptées à la situation politique actuelle du Sénégal.
Il est possible de “la régler à partir d’une Constitution à travers laquelle nous allons faire les réformes nécessaires pour aller vers un pouvoir équilibré entre le président [de la République] et le Premier ministre, ou bien aller, disons, vers un régime parlementaire qui prendra en considération cette situation actuelle”, a-t-elle dit en allusion aux divergences notées au sein de l’exécutif.
Mme Mbow intervenait au sortir d’une conférence-débat régionale axée sur les droits humains, la justice et la cohésion sociale, dont le but était d’identifier “des pistes d’action concrètes” en faveur d’une paix durable au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
La rencontre, organisée par l’ONG Wathi, a réuni des acteurs institutionnels, des représentants de la société civile, des experts ainsi que des partenaires techniques et financiers
Penda Mbow juge impératif d’adapter les textes constitutionnels à la réalité politique du Sénégal, afin d’éviter une situation durable de décalage entre les institutions et le fonctionnement effectif du pouvoir.
“On ne peut pas laisser perdurer une situation avec des textes qui ne reflètent pas la réalité”, a insisté l’universitaire sénégalaise.

Penda Mbow a par ailleurs appelé à inscrire cette réflexion dans une perspective historique, citant notamment la révolution Torodo de 1776 menée par Thierno Souleymane Bal, qui avait intégré la question sociale dans ses revendications.
La révolution Torodo est un mouvement politico-religieux ayant débouché sur l’instauration d’un Etat théocratique basé sur l’islam, la justice sociale, l’égalité et l’abolition de l’esclavage.
Penda Mbow a en outre mis en avant la nécessité de promouvoir “une citoyenneté égalitaire et participative”, qui prenne en compte les diversités sociales, culturelles et linguistiques, dans un contexte marqué par les attentes croissantes des jeunes et des femmes.
Elle a relevé “les progrès” réalisés au Sénégal, notamment entre les années 1960 et 2000, mais considère que ces avancées restent insuffisantes pour répondre pleinement aux enjeux de justice sociale et d’inclusivité.
“Il y a beaucoup de travail à faire”, a-t-elle soutenu, tout en appelant à capitaliser sur l’expérience démocratique du Sénégal pour bâtir des institutions solides et durables, en phase avec les aspirations des citoyens.
AN/BK

