Pastef invité à se regarder dans le miroir fanonien
Pastef invité à se regarder dans le miroir fanonien

SENEGAL-POLITIQUE-CULTURE

Dakar, 22 déc (APS) – Le secrétaire général de Pastef-Les patriotes, Ayib Daffé, a invité le parti au pouvoir à se regarder dans “le miroir critique, parfois inconfortable” de l’héritage du penseur martiniquais Frantz Fanon (1925-1961) pour continuer à inscrire l’exercice du pouvoir dans l’horizon de l’émancipation.

Le Pastef a accédé au pouvoir à l’issue de la présidentielle organisée le 24 mars 2024 au Sénégal.

“Fanon demeure le miroir critique, parfois inconfortable, dans lequel Pastef doit accepter de se regarder pour ne pas se perdre, pour rester fidèle à l’élan qui l’a porté et pour continuer à inscrire l’exercice du pouvoir dans l’horizon de l’émancipation”, a-t-il dit.

Ayib Daffé, député et président du groupe parlementaire du parti au pouvoir à l’Assemblée nationale, intervenait au cours d’un panel portant sur “Perspectives fanonienne sur le développement”, organisé à Dakar dans le cadre du colloque international sur le centenaire de la naissance (1925-2025) du psychiatre et écrivain martiniquais Frantz Fanon.

Il estime que l’élection du 24 mars 2024 “n’est qu’une victoire d’étape”, “le plus difficile commence lorsqu’on est au pouvoir, et en cela Fanon nous arme pour nous permettre d’affronter les défis du présent”.

“C’est là qu’on a besoin que vous transformiez les structures, mettiez en œuvre la souveraineté dans beaucoup de domaines, notamment monétaire, changiez de monnaie […], moins dépendre de l’aide extérieur […]”, indique-t-il, appelant à s’armer de Fanon, “une figure révolutionnaire, qui incarne la rupture, mais surtout qui l’a pensée”.

Ayib Daffé fait valoir qu’avec le Pastef, “c’est un souffle nouveau porté par un discours nouveau et un projet de transformation systémique. C’est en cela que ce projet est exigeant et que les attentes sont très fortes pour que Pastef puisse concrétiser cette transformation systémique et cette rupture”.

Il estime que ce que le peuple sénégalais a accompli en mars 2024 ne relève pas d’une “alternance ordinaire” inscrite dans la routine des élections électorales.

“Il s’agit d’une lutte démocratique, d’une révolution par les urnes, une révolution citoyenne, portée par une souveraineté populaire longtemps contenue, puis brusquement libérée dans un acte collectif de réappropriation de l’histoire”, a-t-il martelé dans son discours.

“L’espérance africaine de Fanon” est le thème de ce colloque international qui a pris fin, samedi, au Musée des Civilisations noires, à Dakar, où il avait démarré mercredi.

Plus de 23 pays d’Afrique et du monde et 120 délégations y ont participé, selon les organisateurs.

Pastef invité à se regarder dans le miroir fanonien

FKS/BK