SENEGAL-AFRIQUE-FOOTBALL
Dakar, 15 jan (APS) – Il y a de ces belles histoires dont seul le football a le don d’écrire la trame. Celle d’El Hadj Pape Biram Sarr, plus connu sous le nom de Pape, et de son fils Mamadou Sarr, figurent assurément dans ce registre-là.
Le premier, ancien international sénégalais, aujourd’hui âgé de 49 ans, a fait le bonheur des supporteurs des “Lions” au début des années 2000.
Milieu de terrain racé, il avait fait des passes furtives, capables de déstabiliser les défenses adverses, sa marque de fabrique.
Flanqué de son numéro 3, le milieu relayeur indéboulonnable de l’équipe nationale du Sénégal, finaliste malheureuse de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) remportée en 2002 au Mali, en était un des piliers.
À la Coupe du monde cette même année, coorganisée par la Corée et le Japon, Pape Sarr avait remis l’ouvrage sur le métier.
Bien qu’éliminés en quart de finale de cette compétition, mais auréolés d’une victoire historique – un but à zéro contre la France en match d’ouverture -, lui et ses camarades avaient fait sensation durant ce tournoi auquel le Sénégal s’était qualifié pour la première fois de son histoire.
En foulant hier le gazon du Grand Stade de Tanger, au Maroc, pour son second match de CAN, son fils Mamadou nourrissait sans doute l’ambition d’aider l’équipe du Sénégal à accéder en finale. Comme le pater, 25 ans plus tôt.
Lui n’était pas encore né, mais les échos de la fameuse épopée des “Lions” au Mali et en Asie lui sont forcément parvenus. La grande histoire ayant la mémoire de consigner dans ses pages les évènements marquants écrits en lettres d’or, de même que ceux les moins glorieux. Et cette époque demeure gravée à jamais dans le marbre par des rois de la savane aux griffes acérées.
Mamadou Sarr, 20 ans, capitaine du RS Strasbourg (Ligue 1 française), prêté par Chelsea, a donc de qui tenir. Beau sang de sachant mentir, il est physiologiquement la copie conforme de son père. Défenseur central rugueux et doté d’une grande vision du jeu, le remplaçant du capitaine Kalidou Koulibaly détonne par sa précocité.
Dans un dialogue imaginaire, ce dernier pourra dire à son fils, histoire de le challenger davantage, qu’une qualification en finale de CAN est facile. Car lui l’a déjà fait, permettant à l’équipe nationale de football du Sénégal d’atteindre pour la première fois de son histoire ce stade de la compétition.
Mamadou, en ce qui le concerne, a l’opportunité de faire plus s’il remporte la coupe dimanche face au Maroc, pays organisateur.
Alors, le fils prodige, sourire malicieux et ton chambreur, pourra répondre : “Vous avez raison, mais c’est remporter ce trophée continental qui est difficile. Et moi, je l’ai fait”. Un sacre qui conférera une seconde étoile au Sénégal, une étoile pour la famille Sarr, “Lions” de père en fils.
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