Olivier Boucal : “Une clause de paix sociale a été incluse dans le protocole signé avec le G7”
Olivier Boucal : “Une clause de paix sociale a été incluse dans le protocole signé avec le G7”

SENEGAL-EDUCATION-SOCIAL-REACTIONS

Dakar, 17 avr (APS) – Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, a révélé que le protocole d’accords signé jeudi par le gouvernement et le G7, groupe de syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation et de la formation, inclut “une clause de paix sociale”.

“Nous avons estimé que le protocole doit être couronné par une clause de paix sociale. On ne pouvait pas ne pas travailler sur une paix durable dans le secteur, donc les deux parties ont décidé d’introduire cette clause” qu’elles s’engagent à respecter, a-t-il déclaré.

Les deux parties entendent ainsi “faire en sorte que le présent protocole soit respecté. Et si ce protocole est respecté, nous sommes partis pour une longue période de stabilité dans le système éducatif”, a-t-il dit.

Le ministre de la Fonction publique a noté qu’un consensus n’ayant pu être trouvé sur l’ensemble des revendications des enseignants, certains points ont été renvoyés à des négociations ultérieures, une manière de ne pas fermer les portes même s’il n’est pas possible de trouver des solutions “tout de suite et maintenant” à ces demandes.

Il a remercié “toutes les parties prenantes” à ces négociations, en particulier les secrétaires généraux des ministères concernés “pour les efforts qui ont permis d’aboutir à ce résultat”, ainsi que “les membres de la société civile et les associations des parents d’élèves qui ont accompagné” le processus des négociations.

“Il y a des engagements sur lesquels nous devions tous tomber d’accord avant de continuer. Ce sont notamment des engagements pour la promotion du dialogue social de façon permanente dans le secteur de l’éducation”, a-t-il indiqué, ajoutant que les parties concernées se sont “engagées conjointement” pour la stabilité du système éducatif, l’amélioration de la qualité et la continuité du service public de l’éducation et de la formation.

Sur certains “engagements phares”, les deux parties ont dû accepter de faire des concessions, selon le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public.

“Nous avons travaillé sur une plateforme minimale. Il faut le rappeler qu’au départ, nous étions partis sur 94 points de revendications du G7, finalement cinq pont été sélectionnés pour constituer cette plateforme minimale ayant servi de base aux engagements du gouvernement”, a-t-il expliqué.

Les enseignants, des “soldats du savoir”

Les points en question concernent le statut des décisionnaires, les “lenteurs” dans la mise en œuvre des engagements, le système de rémunération et d’imposition des rappels, l’habitat social, la construction et la réhabilitation des structures scolaires.

Le secrétaire général du CUSEMS-authentique, Yahya Fall, a souligné que la conclusion de ce protocole d’accords est le résultat de “52 heures de négociations très dures”.

“Nous sommes là pour porter des questions que normalement le gouvernement lui-même devrait porter parce que l’ensemble des questions que nous avons eu à défendre [concerne] le système éducatif dans sa globalité”, a-t-il argué.

“Notre préoccupation, ce n’est que le bien être du système éducatif”, a-t-il indiqué, estimant que les revendications des syndicats portent sur “un passif des accords” signés par le passé avec le gouvernement.

Le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (SAEMSS), El Hadji Malick Youm, a remercié toutes les parties prenantes pour ce dénouement marquant la fin de la “crise scolaire”.

“En tant qu’acteur du système éducatif, nous tenons à rassurer tous les parents, pour leur dire qu’au nom des enseignants du Sénégal qui sont les soldats du savoir et qui sont des experts dans leur domaine, nous nous attèlerons à continuer à assurer la continuité des enseignements apprentissages comme il se doit, en y apportant notre touche professionnelle pour avoir le meilleur capital humain”, a-t-il signalé.

Amidou Diédhiou, secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS) a rendu un vibrant hommage aux enseignants, qui, selon lui, travaillent parfois “dans des conditions très laborieuses”.

Il a salué le bon déroulement du processus des négociations. Il n’y a pas eu de contraintes, ni d’un côté, ni de l’autre, a-t-il assuré.

Un accord portant la trace de luttes et de nuits blanches

Sémou Ndao, du Syndicat des inspectrices et inspecteurs du Sénégal (SIENS), estime que le moment est venu de “pousser un ouf de soulagement” au terme de cette grève qui “n’a que trop duré”.

Il a cependant formulé, à l’endroit du Premier ministre, trois demandes visant à créer de “bonnes conditions” de fonctionnement des établissements scolaires. 

Il a d’abord demandé au  Premier ministre d’instruire le gouvernement de respecter les accords qui ont été signés. “La deuxième chose, il faudra que le gouvernement comprenne que les enseignants ne demandent qu’à être mis dans d’excellentes conditions et à être motivés pour s’acquitter convenablement de leur travail. La troisième chose, c’est de travailler à être proactif […]”.

“Monsieur le Premier ministre, nous espérons que ce que nous venons de signer aujourd’hui sera matérialisé au regard de votre engagement”, a déclaré Moustapha Ségnane, secrétaire général du Syndicat national des enseignants en langue arabe du Sénégal.

Il a invité le chef du gouvernement à revoir la situation des décisionnaires relative à la pension de retraite.

Le protocole d’accord ainsi signé “porte la trace des luttes, des grèves, des nuits blanches passées à la fonction publique. Mais il porte la volonté des syndicats d’enseignants de tourner la page du confit pour ouvrir celle des solutions”, a déclaré Papa Abdoulaye Diallo, de l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN).

Outre M. Boucal, ce protocole d’accord a également été paraphé, au nom du gouvernement, par le ministre l’Education nationale, Moustapha Guirassy, et son collègue Amadou Moustapha Ndieck Sarré (‘Emploi et Formation professionnelle et technique).

Le président du Haut conseil du dialogue social (HCDS), Mamadou Lamine Dianté a également paraphé ce protocole d’accord en présence des membres de la société civile et de représentants des parents d’élèves.

FD/BK/SMD