Oignon : à Bakel, les producteurs craignent des méventes en l’absence d’unités de conservation
Oignon : à Bakel, les producteurs craignent des méventes en l’absence d’unités de conservation

SENEGAL-AGRICULTURE-CONSOMMATION

Bakel, 18 mai (APS) – Des producteurs d’oignon de Bakel (est) se disent exposés à des risques de pertes liés à de rendements importants alors que les moyens de stockage font défaut, à quelques jours de la fête de la Tabaski, un moment de grande consommation.

‎Djibril Konaté, un des producteurs interrogés, s’était lancé dans la culture d’oignon sur une superficie de 0,25 ha, après le retrait des eaux de sa ferme située à environ 4 kilomètres à l’ouest de Bakel, suite aux dernières inondations enregistrées dans cette zone.

En cette période de récolte, ce père de famille semble désemparé malgré le bon rendement de sa ferme, contrarié qu’il est par les risques de mévente.

“On a eu une très bonne récolte cette année. La production de ma parcelle a atteint 6 tonnes d’oignon. Mais le marché est plein d’oignon, on n’arrive pas à écouler la production”, se désole le producteur, président de la société coopérative Gadiaga-Boundou.

Trouvé dans sa ferme agricole “Falolaqué”, Djibril Konaté explique la surproduction par l’appui conséquent de l’État qui, à travers certains de ses démembrements, a mis suffisamment de semences et d’engrais à la disposition des producteurs pour la contre-saison chaude.

En raison des rendements importants enregistrés, les prix ont drastiquement baissé, selon Konaté.

“C’est une perte pour nous mais on n’a pas le choix. On ne peut les garder”, se désole le producteur.

‎A cela vient s’ajouter les pertes de production liées à l’absence d’unités de conservation.

Dans sa ferme, il utilise des moyens de fortune, comme des draps suspendus entre des poteaux, pour protéger du soleil sa production étalée sur des palissades.

Le reste de sa production se troue entassé sous des arbres. Un “espace de stockage” temporaire avant le tri et la mise en sac les bulbes prêt à consommer.

‎”C’est vrai que j’ai récolté environ 6 tonnes d’oignon mais il y a eu des pourritures à cause des termites et de la forte chaleur”, regrette le producteur, disant avoir perdu à peu près entre 700 kilos et une tonne de sa production.

Il dit même craindre des pertes plus importantes en l’absence d’unités de transformation et de conservation qui permettraient de garder la production durant toute l’année.

Samba Ka, chargé de la formation au sous-collège des producteurs d’oignon de Bakel, abonde dans le même sens, en confirmant qu’en plus du risque de mévente, l’absence de moyens de conservation contribue à doucher les espoirs des producteurs.

Le marché de Bakel est exigu et les marchés hebdomadaires sont souvent fréquentés par des producteurs des autres régions, a-t-il expliqué, ajoutant que cela explique l’ampleur des difficultés pour écouler les productions.

‎Il note que compte tenu des inondations de ces dernières années, il n’y a pas eu de campagne maraîchère hivernale, ce qui fait que “tout le monde s’est rué” sur les cultures de contre-saison.

“On va s’organiser et essayer de disposer, avec l’État où les collectivités territoriales, de magasins communautaires nous permettant de stocker une partie de la production pour pouvoir la vendre convenablement dans le marché locale”,  a-t-il dit.

‎AND/ABD/BK/AKS