Kino Linguère : le bilan de la troisième édition jugé positif (promotrice)
Kino Linguère : le bilan de la troisième édition jugé positif (promotrice)

SENEGAL-CINEMA

Dakar, 18 mai (APS) – La promotrice de la plateforme de formation cinématographique Kino Linguère, Fifi Bakhoum, a dressé un bilan positif de la troisième édition du programme, mettant en avant la diversité des profils accueillis ainsi que les productions réalisées par les participantes.

”Il y a pas mal de programme de formation qui se déroule à Dakar, mais ce sont pour la plupart des formations théoriques, et nous à Kino Linguère, nous ne nous limitons pas, car nous franchissons l’étape de la production. Cette année, comme pour les autres éditions, nous avons atteint nos objectifs, et vu les profils que nous avions, nous pourrons dire que le bilan est effectivement positif”, a-t-elle déclaré dans un entretien avec l’APS.

Selon Mme Bakhoum, cette réussite s’explique par mécanisme mis en place par les organisateurs, qui leur permet de ”s’en sortir avec des films, peu importe comment ils sont”.

Partenaire du Festival films femmes Afrique (FFFA), Kino Linguère a reçu 109 dossiers, parmi lesquels 10 ont été retenus, en plus de 4 autres qui les ont rejoints pour la troisième édition de ce programme de formation.  

Deux courts métrages issus d’un atelier de formation ont été présentés lors de la clôture de la septième édition du FFFA, tenue à Dakar et dans les régions du 10 au 28 avril, autour du thème “Femmes en premières lignes : engagement, démocratie et égalité des genres”.‎

“La dernière leçon”, court métrage de Nicole Thiaw, et “À travers ces femmes” d’Awa Diédhiou, une jeune réalisatrice vivant avec un handicap, ont été présentés lors de ce festival.

Ses promoteurs ambitionnent de ”construire un réseau durable entre les anciennes participantes, afin qu’elles puissent continuer à travailler ensemble même après la formation”.

Quinze femmes ont bénéficié de cette formation de dix jours, lors de l’édition de cette année.

“La formation a été initiée avec un besoin de créer un espace où les femmes peuvent apprendre le cinéma en pratiquant réellement, sans intimidation et sans avoir à attendre qu’on leur donne une place”, indiqué Fifi Bakhoum.

La formation ne consiste pas seulement à ”transmettre une technique”, mais elle permet aussi aux participantes de gagner davantage confiance, relativement à leur regard, leur voix et leur capacité à raconter leurs propres histoires.

“Et nous travaillons dans une logique de création collective, de solidarité et d’expérimentation. Donc, les participantes écrivent, réalisent, tournent et découvrent qu’elles sont légitimes dans ces métiers”, a ajouté Fifi Bakhoum.

                                                 Des profils hors du commun

“Nous avons eu des profils hors du commun cette année, avec qui nous avons eu le plaisir de collaborer, comme Awa Diédhiou, qui est une femme à mobilité réduite âgée de 26 ans. Elle avait soumis son projet de court métrage depuis 2024 à Kino Linguère, malheureusement elle ne pouvait pas le réaliser, étant donné que le thème ne correspondait pas” avec les orientations alors arrêtées, a-t-elle ajouté.

Elle souligne l’enthousiasme de cette jeune dame d’avoir participé au FFFA, à travers ce court-métrage. Un projet sur lequel la plateforme compte travailler davantage pour pouvoir le diffuser à l’international.

“Nous avons décidé de retravailler le projet de AWA, car l’idée derrière, c’est de pouvoir diffuser cela à l’international. C’est aussi son rêve. Nous avons promis de l’accompagner sur le long terme, pour voir jusqu’où ce projet pourrait nous mener”, précise-t-elle.

”Pendant la projection de son film à la clôture, on a senti que le public était très touché, attentif, très ému. Et pour nous, c’est une très grande réussite non seulement pour notre équipe, mais également pour le cinéma”, a-t-elle insisté, tout en encourageant les personnes à mobilité réduite à croire en leur capacité comme Awa.

En plus d’Awa, il y a également de plusieurs autres profils avec qui la plateforme “a eu le plaisir de travailler” au cours de cette formation, citant une Congolaise, une Hispanique et une Malienne.

“Il y a également une Espagnole parmi les récipiendaires, qui a participé à la post-production, alors qu’elle n’avait rien à voir avec le cinéma au départ, et qui s’est intéressée à Kino Linguère en raison de son envie de connaître le cinéma sénégalais”, a-t-ajouté Fifi Bakhoum.

AMN/MK/BK