SENEGAL-SANTE-DONNEES
Dakar, 17 août (APS) – Dans 90% des cas de mort subite, la cause est cardiaque et le mécanisme est lié à un trouble du rythme ventriculaire dans plus de 80 % des cas, a-t-on appris du cardiologue Mbaye Paye, qui appelle à ne pas banaliser les malaises pouvant précéder ces accidents.
Dans un entretien accordé à l’APS, le spécialiste explique que la mort subite est définie comme la survenue inattendue d’un décès de cause naturelle moins d’une heure après l’apparition des premiers symptômes.
‘’L’origine cardio-vasculaire demeure l’étiologie la plus redoutée’’ du malaise en raison du risque élevé de décès”, souligne-t-il, précisant qu’ ‘’environ 20 % des syncopes sont d’origine cardiaque’’.
Elles peuvent notamment être provoquées par des troubles du rythme ou de la conduction cardiaque, mais également par des maladies cardiaques ou cardio-pulmonaires structurelles.
‘’Les arythmies figurent parmi les principales causes de syncopes cardiovasculaires. Elles comprennent notamment les dysfonctionnements du sinus, les maladies du système de conduction auriculo-ventriculaire, les tachycardies paroxystiques supraventriculaires ou ventriculaires et certains syndromes héréditaires, comme le QT long ou le syndrome de Brugada’’, explique le cardiologue.
Des valvulopathies, l’infarctus du myocarde, certaines cardiomyopathies, la dissection aortique, la péricardite, la tamponnade ou encore l’embolie pulmonaire peuvent également être à l’origine d’une syncope.
Le spécialiste insiste toutefois sur le fait qu’un malaise cardiaque ‘’n’entraîne pas forcément une mort subite’’. Une prise en charge médicale rapide et un traitement adapté peuvent permettre au patient de survivre à l’événement.
Chez les sportifs, la mort subite peut survenir pendant ou juste après l’effort, y compris chez des personnes apparemment en bonne santé.
‘’Avant 35 ans, les causes sont souvent d’origine génétique, notamment certaines cardiomyopathies, tandis qu’après 35 ans, l’athérome coronaire constitue une cause majeure’’, a fait observer le praticien.
Il relève que ‘’les palpitations, les douleurs thoraciques, l’essoufflement anormal, le malaise ou la perte de connaissance pendant ou juste après l’effort sont autant de signes d’alerte nécessitant une consultation médicale’’.
A cet effet, le cardiologue recommande, selon le profil du patient, des examens complémentaires tels que l’électrocardiogramme, l’échocardiographie ou l’épreuve d’effort.
Il insiste par ailleurs sur l’importance de la chaîne de survie qui repose sur quatre maillons : l’alerte précoce des secours, la réanimation cardiorespiratoire, la défibrillation et la prise en charge spécialisée.
‘’La défibrillation doit intervenir le plus rapidement possible en cas de trouble du rythme ventriculaire”, affirme-t-il, estimant que la diffusion des défibrillateurs automatisés et l’apprentissage des gestes qui sauvent constituent des éléments essentiels de prévention’’, a-t-il prévenu.
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