SENEGAL-COLLECTIVITES
Médina Yoro Foulah, 20 sept (APS) – L’enclavement demeure l’un des principaux obstacles au développement socio-économique du département de Médina Yoro Foulah (sud), malgré d’importantes potentialités agro-sylvo-pastorales et une position stratégique à proximité de la frontière gambienne.
Situé dans la partie nord de la région de Kolda, le département, créé en juillet 2008, peine encore à amorcer son véritable décollage économique, et souffre de l’état de dégradation de plusieurs axes routiers reliant ses différentes communes au reste de la région.
De Fafacourou à Ndorna, en passant par Niaming et Pata, les populations déplorent les difficultés liées à la mobilité et à l’acheminement des productions agricoles vers les marchés hebdomadaires et les grands centres urbains.
La zone dispose pourtant d’importantes ressources agricoles et pastorales, avec une production diversifiée de céréales et de cultures vivrières, ainsi qu’un cheptel important.
”Pendant la saison des pluies, certaines zones deviennent quasiment inaccessibles. Les pistes sont impraticables et des villages entiers se retrouvent coupés du reste du département”, témoigne, sous le couvert de l’anonymat, un notable de Badion (Médina Yoro Foulah).
Selon lui, cette situation pousse certaines populations de la commune à se tourner davantage vers la Gambie voisine, notamment vers la région de Bassé, pour accéder à certains produits de grande consommation et à certains services.
L’enclavement affecte également les secteurs de la santé et de l’éducation.
”Sur le plan sanitaire, les évacuations d’urgence deviennent périlleuses pour les femmes enceintes et les malades”, déplore Issaga, un jeune de Badion, qui évoque également les difficultés liées à la couverture téléphonique.
”Dans plusieurs villages, pour pouvoir téléphoner, il faut chercher le sommet d’un arbre pour capter le réseau”, regrette-t-il.
Dans le domaine de l’éducation, l’isolement de certaines localités complique également l’affectation et le maintien des enseignants, selon des acteurs locaux, tandis que les besoins en infrastructures scolaires restent importants.
Face à cette situation, plusieurs initiatives sont annoncées ou mises en œuvre par les pouvoirs publics pour renforcer l’attractivité et le développement du département.
Elles concernent notamment l’implantation de structures d’accompagnement, le développement de projets agricoles et industriels, ainsi que le renforcement des services administratifs et numériques à travers les Espaces Sénégal Services.
Le projet de construction d’un hôpital de niveau 2 à Médina Yoro Foulah est également présenté comme une réponse aux difficultés d’accès aux soins auxquelles sont confrontées les populations.
Malgré ces initiatives, les élus territoriaux et les acteurs locaux continuent de réclamer l’accélération du bitumage des principaux axes routiers et la reprise des chantiers à l’arrêt, notamment ceux devant permettre de relier plus efficacement le département au reste du réseau national.
Des mobilisations citoyennes sont régulièrement organisées pour dénoncer l’enclavement. Le week-end dernier, des habitants de Bignarabé sont ainsi descendus dans la rue pour réclamer le bitumage de l’axe Kolda-Bignarabé-Fafacourou, long d’environ 45 kilomètres.
Pour les populations locales, l’amélioration du réseau routier constitue une condition essentielle à la valorisation des potentialités économiques du département, à la facilitation des échanges transfrontaliers et à la création d’opportunités susceptibles de retenir les jeunes dans la zone.
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