SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 15 oct (APS) – Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a estimé jeudi que la régulation des médias doit protéger la liberté de l’information, le pluralisme et les droits du public, sans servir à ”placer les organes de presse ”sous tutelle ni à sanctionner les lignes éditoriales critiques envers les pouvoirs publics”.
“La régulation ne saurait avoir pour objet de mettre les médias sous tutelle, ni de sanctionner une ligne éditoriale parce qu’elle serait critique à l’égard des pouvoirs publics”, a-t-il déclaré lors de la première édition des Grandes conférences du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), tenue à Dakar sur le thème ”Médias et cohésion nationale”.
”La régulation n’est légitime que si elle garantit simultanément la liberté de l’information, le pluralisme, les droits du public et le respect des exigences éthiques”, a estimé le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, parrain de cette première édition des Grandes conférences du SYNPICS.
Il a rappelé que la première responsabilité des médias consiste à informer, vérifier les faits et les mettre en perspective afin de permettre aux citoyens de se forger une opinion éclairée.
“Le journaliste est un historien du présent. Et lorsqu’il est guidé par l’impartialité, il devient un contre-pouvoir”, a-t-il soutenu, soulignant le rôle de surveillance et d’interpellation de la presse.
Mouhamadou Makhtar Cissé a toutefois relevé que l’indépendance éditoriale suppose également des moyens économiques suffisants, alors que les difficultés financières de nombreux organes de presse menacent leur existence et fragilisent leur autonomie.
Il a estimé que ces difficultés ne sauraient justifier les manquements professionnels, tout en rappelant que l’exigence de rigueur doit être proportionnelle à la capacité des médias à informer, orienter et mobiliser l’opinion.
Le ministre de l’Intérieur a également invité les professionnels des médias à renforcer la vérification des informations, à développer des contenus fiables sur les réseaux sociaux et à améliorer leur capacité d’anticipation en période de tension.
Il a notamment plaidé pour une plus grande ouverture des médias aux différentes composantes de la société, une meilleure prise en compte des populations des régions de l’intérieur et une participation accrue à l’éducation aux médias, en particulier auprès des enfants et des jeunes.
Mouhamadou Makhtar Cissé a enfin appelé à remettre à l’ordre du jour la Charte nationale d’éthique et de cohésion sociale, estimant que la responsabilité des médias doit s’exercer dans le respect de la liberté de la presse et de l’esprit critique.
BAB/MTN

