SENEGAL-POLITIQUE-ANNIVERSAIRE-PARCOURS
Dakar, 27 mai (APS) – Le Sénégal célèbre les 4 et 5 juin 2026, les festivités marquant le centenaire de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, patriarche et figure emblématique de la vie publique nationale et grand pionnier des luttes pour l’avènement de la démocratie au Sénégal.
Surnommé “le pape du Sopi” (référence à son combat pour le changement et l’alternance politique), Me Abdoulaye Wade a marqué l’histoire politique du Sénégal et de l’Afrique par son long combat pour la démocratique, les libertés et les droits de l’homme.
Tribun hors pair et doté d’un charisme indescriptible, ce patriarche de la politique sénégalaise, fort de 26 ans passés dans l’opposition, a réussi à façonner le paysage politique sénégalais à travers des luttes majeures.
Son parcours politique démarre en 1973, date de son adhésion à l’Union progressiste sénégalaise (UPS), ancienne formation au pouvoir, rebaptisée Parti socialiste.
Comment Me Wade a réussi à imposer le multipartisme à Senghor
Il démissionne très vite de cette formation et fonde le Parti démocratique sénégalais (PDS) dès 1974, en compagnie de son ami Alioune Badara Niang.
Pour faire accepter cette idée au président Léopold Sédar Senghor alors au pouvoir, il use de stratagème en présentant le PDS comme un parti de contribution. Il réussit son tour de passe-passe, son premier coup de maître, dans ce contexte où le Sénégal vivait de fait sous un régime de parti unique.
L’appétit venant en mangeant et pour avoir réussi à imposer ce qu’il appelait une “opposition de contribution”, le chantre du changement se montre insatiable et pousse le régime du président Senghor à instaurer le multipartisme, d’abord limité, au moment où de nombreux pays africains sont surtout en proie à des putschs militaires.
Senghor n’ayant autorisé que quatre courants politiques (marxiste, socialiste, libéral et conservateur), Me Abdoulaye Wade s’inscrivit, sans en avoir réellement le choix, dans le courant libéral. Il se revendiquait pourtant comme travailliste. Ne dit-on pas que faute de grives, on mange des merles.
Un des artisans du Code électoral consensuel de 1992
Acteur clé dans la libéralisation politique et la fin de l’ère de parti unique, Me Abdoulaye Wade se trouve un nouveau cheval de bataille, en s’engageant désormais dans le combat pour la transparence électorale. Il n’a eu de cesse, pendant des décennies, de dénoncer des cas de “fraude massive” lors des différentes élections.
Tenace, courageux et jouissant d’une très grade cote auprès de la jeunesse en particulier, il croise constamment le fer successivement avec le pouvoir de Senghor, puis de Abdou Diouf, en vue de rendre plus transparent le processus électoral.
Ses combats n’ont pas été vains, puisqu’ils ont conduit à des réformes cruciales qui se sont traduites par l’adoption, en 1992, d’un nouveau Code électoral.
Dénommé “Code Kéba Mbaye”, du nom du juge qui a conduit les travaux aboutissant à son adoption, ce texte est fruit d’un consensus entre le pouvoir d’Abdou Diouf et l’opposition menée par son leader charismatique, Me Abdoulaye Wade.
Il a introduit l’usage de l’isoloir, le passage obligatoire par l’urne et la présence de représentants des partis en lice dans les bureaux de vote.
Combattant infatigable, il oriente par la suite son action vers l’accès équitable de toutes les chapelles politiques aux médias qui, à l’époque, étaient tous sous le contrôle de l’Etat.
Pour Me Abdoulaye Wade, il n’y a aucune raison que l’opposition ne puisse pas s’exprimer sur les ondes de la radio et de la télévision nationale.
Il réussit non seulement à briser le monopole du parti au pouvoir, mais aussi contribue, par sa lutte, à la libéralisation de l’espace audiovisuel sénégalais à partir de 1994.
En résumé, l’on peut dire que c’est sous l’impulsion et au terme de luttes acharnées et héroïques du “pape du Sopi” que le Sénégal a amorcé de nombreux acquis démocratiques, lesquels ont permis la première alternance politique survenue dans le pays le 19 mars 2000.
Le Sénégal continue, encore aujourd’hui, de s’inspirer, comme un acte fondateur, de cette première alternance politique qui continue d’en susciter d’autres.
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