Dakar, 4 mai (APS) – Le directeur général de Label TV, Matar Sylla, a rappelé, mercredi à Dakar, l’importance des médias dans la réussite des politiques publiques, ainsi que les défis auxquels doivent faire face les acteurs de la presse sénégalaise.

‘’C’est notre rôle d’être un secteur transversal qui appuie toutes les autres politiques publiques. Aucune politique publique ne peut réussir sans l’apport des médias. C’est clair, net et précis. Quand on vous invite à une manifestation et que vous n’y êtes pas, la manifestation ne commence pas’’, a-t-il dit.

Il prenait part à un panel organisé par la Coordination des associations de presse (CAP), à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse. La rencontre s’est déroulée autour du thème : “Les restrictions à la liberté d’expression : quel équilibre entre sécurité nationale et droit à l’information”.

Il s’est appesanti sur l’environnement et le modèle économique des entreprises de presse à travers le monde.

‘’Ce n’est pas également un secteur dont on se sert comme ça. C’est un secteur qui est économique. Dans beaucoup de pays dans le monde […] émergent, les médias sont de véritables entreprises économiques viables qui font de l’argent, qui gagnent de l’argent’’, fait-il valoir.

Le panéliste a rappelé que la Constitution du Sénégal garantit la liberté de la presse à travers son adhésion à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Le véritable défi, précise-t-il, c’est de mettre en place une structure de régulation capable de mettre de ‘’l’ordre dans la profession’’. ‘’Le respect des libertés fondamentales n’est possible qu’avec des médias forts, viables qui puissent produire de la qualité’’, a insisté Matar Sylla.

Il invite à une révision du dispositif de régulation des médias au Sénégal et à faire des projections pour les années à venir.

‘’L’autorité de régulation doit être repensée, reformatée, ouverte à d’autres perspectives en tenant compte et en faisant des projections sur les 20 prochaines années. C’est possible parce qu’il y a des chercheurs’’ qui savent ce qui va se passer, a affirmé le spécialiste des médias.

Il pense que le Sénégal doit se tourner vers des perspectives nouvelles avec de grands ensembles, afin d’éviter que des groupes de médias étrangers n’occupent l’espace.

L’ancien directeur général de la Radiodiffusion sénégalaise (RTS) estime que le Sénégal doit ‘’avoir la capacité de faire les choses autrement’’ et ‘’sortir de la logique de sanctionner, sanctionner, punir, etc.’’

Pour ce faire, le chef de l’Etat doit accélérer le processus et convoquer les assises des médias afin de trouver des ‘’solutions’’ à beaucoup de questions qui se posent dans le secteur de la presse.

Cela permettra d’avoir ‘’des médias libres, responsables, transparents, dynamiques et qui contribuent à élever un peu la plus-value dans ce pays (…)’’.  Selon lui, ‘’si, aujourd’hui, le pétrole et le gaz sont le carburant de l’émergence, les médias en seront le catalyseur’’.

A la fin de ce panel, la CAP a publié une déclaration dans la laquelle elle réclame la libération de journalistes dans les liens de la détention ou sous contrôle judiciaire..

FD/ASG

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