Matam : le village de Diamel dans l’angoisse d’un débordement du fleuve Sénégal
Matam : le village de Diamel dans l’angoisse d’un débordement du fleuve Sénégal

SENEGAL-HIVERNAGE-REPORTAGE

Diamel, 25 août (APS) – Les habitants de Diamel, un village rattaché à la commune de Matam (nord), vivent dans la crainte d’un éventuel débordement du fleuve Sénégal. Ils avaient été fortement impactés par les inondations causées par la crue de ce cours d’eau et les fortes pluies en 2024.

La montée rapide du plan d’eau du fleuve Sénégal, constatée ces derniers jours, suscitent forcément l’angoisse de ces populations.

En bordure de la rive gauche du fleuve Sénégal, dans un quartier exentré du village, des sacs remplis de sable sont déjà superposés sur les abords de la rive pour faire face à un éventuel débordement du cours d’eau.

Matam : le village de Diamel dans l'angoisse d'un débordement du fleuve Sénégal

Un élan de solidarité des bonnes volontés s’organise également pour venir en aide aux premiers habitants impactés par les eaux de pluie.

Les fortes pluies enregistrées ces derniers jours ont rendu impraticable la route reliant le Dandé Mayo, à travers le pont de Diamel. Le calvaire des voyageurs en partance pour le Dandé Mayo débute sur cette route, dès la sortie de Soubalo, un quartier populaire de la commune de Matam.

Cette route est devenue difficilement praticable pour les charretiers et motocyclistes. Les passagers à bord de motos sont obligés de descendre par moments pour permettre aux conducteurs de manœuvrer plus facilement pour sortir de la boue.

Sur le chemin du Dandé Mayo, les voyageurs traversent une partie de la forêt classée de Diamel, où la montée des eaux d’un des bras du fleuve Sénégal est visible sur les deux rives, à partir du pont de Diamel.

L’avancée des eaux du fleuve est bien visible derrière la maison de la famille Dia, située en bordure de la rive au quartier Soubalo.

Ici, les eaux sont à moins de cinquante mètres et sont sur le point d’atteindre l’intérieur du village.

Un bâtiment qui s’est effondré l’année dernière lors de la crue du fleuve Sénégal vient d’être reconstruit par ses propriétaires avec du ciment mélangé à de l’argile en banco.

Matam : le village de Diamel dans l'angoisse d'un débordement du fleuve Sénégal

Situé à l’extrémité du village, près de la rive, cette grande concession garde encore des eaux stagnantes verdâtres au milieu la cour, témoignant du caractère inondable de la zone.

Aux alentours de cette grande maison, des sacs remplis de sable sont exposés par ses occupants comme barrière pour stopper tout éventuel débordement du fleuve Sénégal.

“Nous avons souffert l’année dernière, mais on s’attend au pire cette année, car les eaux du fleuve Sénégal avancent à grand pas vers nous”, dit Salimata Dia, un des occupants de cette concession.

Elle signale que les fortes pluies accompagnées de vents forts enregistrées dernièrement ont fait tomber les toilettés de la maison alors que le fleuve n’a pas encore fait de dégâts.

Solidarité villageoise

Construite dans une zone inondable et difficile d’accès, près du poste de santé, des briques sont posés en fil dans les eaux pluviales stagnantes pour accéder à la concession située en face d’un réceptacle d’eaux de pluies.

Concernant le poste de santé, la préfecture de Matam a offert des sacs remplis de sable, pour protéger le mur de clôture de cette infrastructure sanitaire. Pour faire face aux très probables inondations, cette famille compte s’organiser comme elle l’avait fait l’année dernière.

Selon Salimata Dia, les habitants éprouvent déjà beaucoup de mal pour vaquer à leurs occupations.

”Nous avons d’énormes problèmes pour aller au marché ou rejoindre le centre du village de Diamel”, dit-elle, soulignant que tous les membres de la famille Dia, enfants comme adultes, sont amenés à se relayer pour renforcer les sacs de terre et former une sorte de digue de protection pour leur concession encerclée par les eaux pluviales. 

Dans le centre du village, les eaux pluviales stagnent encore à certains endroits, réveillant les inquiétudes du chef du village de Diamel, Adama Diaw, qui dit “avoir peur de ce qui va arriver d’ici quelques jours”.

Il réclame l’érection d’une digue de protection qui pourrait empêcher les eaux du fleuve d’envahir les habitations.

Matam : le village de Diamel dans l'angoisse d'un débordement du fleuve Sénégal

“Pour le moment, nous aidons des familles exposées à dévier les eaux, en creusant des trous pour empêcher un envahissement des maisons”, a expliqué le chef du village, assis juste en face de sa maison.

Pour faire face à la crue et aux inondations des eaux pluviales, le village compte aussi sur l’appui des ressortissants de Diamel établis à l’étranger, et les initiatives locales de protection des jeunes qui s’organisent pour aider les impactés.

Le chef du village de Diamel a annoncé également la tenue d’une réunion des habitants pour mettre en place des stratégies pouvant leur permettre de mieux faire face à la situation.

Lors des inondations de 2024, ce village de la commune de Matam avait été envahi par les eaux du fleuve Sénégal, entrainant une impraticabilité du pont de Diamel, reliant le village au reste de la capitale régionale.

Des élèves de Diamel inscrits au lycée Fadel Kane de Matam étaient obligés de prendre des pirogues pour se rendre à l’école.

Le maire de la commune de Matam, Mamadou Mory Diaw, avait loué à l’époque deux pirogues motorisées pour sécuriser le transport fluvial des élèves.

Matam : le village de Diamel dans l'angoisse d'un débordement du fleuve Sénégal

AT/FKS/SBS/AB/SKS/BK/MTN