SENEGAL-SOCIETE -PORTRAIT
Ziguinchor, 7 mars (APS) – Mame Khady Louise Diouf, membre de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC) et figure centrale très respectée de la société civile sénégalaise, a réussi au fil des années à s’imposer comme une médiatrice engagée du processus de paix en Casamance.
Elle œuvre également en tant que cheffe de mission du Centre pour le dialogue humanitaire (HD) au Sénégal, pour rapprocher les positions de l’État sénégalais aux différentes factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), dans l’espoir de parvenir à une paix définitive au sud du pays.
Mame Khady Louise Diouf a fait ses études élémentaires et secondaires au Sénégal avant de se rendre aux Etats-Unis pour suivre des études universitaires, en spécialité relations internationales, précisément orientée sur la résolution des conflits en Afrique.
”Cette volonté, a-t-elle expliqué, émane d’une ambition précoce de contribuer à la pacification du continent africain, en participant activement à la résolution des crises interétatiques”.
Après son retour des Etats Unis, elle a travaillé pour des programmes de paix et de médiation dans plusieurs pays africains, notamment au Liberia, au Burundi et en République démocratique du Congo. ”Ce passage m’a permis d’acquérir une solide expérience sur le terrain avant d’intégrer, en 2014, le Centre pour le dialogue humanitaire”, a-t-elle dit.
Selon elle ”ces expériences ont contribué à façonner son approche de la médiation des crises, fondée sur l’écoute, la patience et la recherche de compromis durables”.
Mame Khady Louise Diouf, dit être fière de son rôle de médiatrice, de facilitatrice dans les négociations entre les autorités étatiques sénégalaises et certaines factions du MFDC,
Dans ce domaine longtemps dominé par les hommes, elle dit assumer pleinement son rôle de médiatrice, tout en admettant que la tâche pour instaurer la confiance entre les parties en conflit, n’est pas toujours aisée.
“La patience, la persévérance, la discrétion et l’écoute active sont des qualités essentielles dans le cadre des négociations “, dit-elle, assurant que tout conflit complexe peut trouver une issue à travers le dialogue.
Pour elle, la médiation est bien plus qu’un simple mécanisme de résolution des différends. Elle la considère comme un véritable art, qui exige une maîtrise des outils et des principes permettant d’amener les protagonistes au dialogue et à la recherche des solutions mutuellement acceptables.
L’engagement pour la paix en Casamance de Mame Khady Louise Diouf, s’est illustré dernièrement par la rencontre, du 25 février 2025 à Bissau, en Guinée-Bissau, entre le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et un représentant de la faction du MFDC dirigée par César Atoute Badiate.
”Les deux hommes se sont réunis autour d’une même table pour signer un acte d’engagement en faveur du processus de dépôt des armes. Cette rencontre a marqué une étape importante dans la dynamique de désescalade du conflit”, a-t-elle salué.
Aujourd’hui, malgré la complexité de la mission, Mame Khady Louise Diouf avance être résolument optimiste quant à l’avenir de la Casamance. ”Mon rêve est de voir une pacification définitive de la région sud du pays. De voir une région où les populations, femmes, jeunes, enfants et personnes âgées, pourront mener leurs activités quotidiennes en toute sécurité, sans craindre des armes, ni les mines anti personnel”, a-t-elle confié.
Elle a salué le rôle central des femmes dans la consolidation de la paix. Selon elle, leur participation active aux processus de dialogue et de négociation est indispensable pour construire une paix durable.
En Casamance, plusieurs organisations féminines, dont la Plateforme des femmes pour la paix, contribue déjà à la reconstruction du tissu social et à la prévention des conflits.
“Les femmes sont le socle de nos sociétés “, a-t-elle encore souligné, estimant qu’elles doivent être pleinement associées aux initiatives de médiation, en tant que facilitatrices, négociatrices ou médiatrices.
Discrète mais déterminée, Mame Khady Louise Diouf a réitéré son engagement et sa motivation à travailler pour un rapprochement des acteurs du conflit casamançais, avec la conviction profonde que la paix en Casamance n’est pas seulement un idéal, mais un objectif atteignable par la voie du dialogue.
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