Maladies rénales chez l’enfant : près de 200 cas recensés chaque année en consultation (spécialiste)
Maladies rénales chez l’enfant : près de 200 cas recensés chaque année en consultation (spécialiste)

SENEGAL-SANTE-COMMEMRATION

Dakar, 11 mars (APS) – Près de 200 enfants sont recensés chaque année à l’Unité de prise en charge des affectations rénales de l’hôpital Abass Ndao, à Dakar, le seul service spécialisé en néphrologie pédiatrique du Sénégal, a-t-on appris du professeur Younoussa Keita, pédiatre spécialisé dans les maladies rénales chez l’enfant.

“Il n’existe actuellement pas de données précises concernant cette pathologie. Toutefois, des données hospitalières sont disponibles, notamment au sein de la seule unité de référence de néphrologie pédiatrique située à l’hôpital Abass Ndao. Selon le registre de cette unité, près de 200 enfants nécessitent chaque année une prise en charge spécialisée en néphrologie pédiatrique”, a dit l’universitaire.

Il s’exprimait dans un entretien accordé à l’APS, à la veille de la commémoration de la Journée mondiale du rein qui a lieu chaque année le deuxième jeudi de mars.

Cette année le thème de cette journée mondiale est placée sous le thème : “La santé rénale : prendre soin de tous, tout en protégeant la planète”

Les données sur le nombre de cas d’enfants souffrant de maladies du rein illustrent, selon lui, l’ampleur réelle de ce problème de santé, qui demeure “largement sous-estimé”.

“Les enfants pris en charge dans cette unité de référence proviennent de l’ensemble des régions du Sénégal”, a ajouté le néphrologue, soulignant que “parmi eux, plus de la moitié présentent déjà une altération de la fonction rénale au moment de leur prise en charge”.

Dans de pareils cas, Younoussa Keita fait remarquer que “l’état clinique de ces enfants impose le recours en urgence à la dialyse”, une technique permettant d’épurer le sang des déchets qui s’y accumulent lorsque les reins ne sont plus en mesure d’assurer leur fonction.

S’agissant des complications causées par la maladie, il ajoute que, “dans certains cas, les atteintes rénales peuvent être irréversibles, les reins étant alors gravement endommagés et incapables de retrouver un fonctionnement normal”.

“Cette évolution défavorable est liée au retard diagnostic, dans certains cas, tandis que dans d’autres, elle résulte de la gravité intrinsèque de la maladie elle-même”, précise le praticien.

Dans tous les cas, prévient-il, ces situations ne sont pas sans conséquences sur la vie de l’enfant.

“Les maladies rénales, en particulier lorsqu’elles évoluent vers la chronicité, ont des répercussions importantes sur la vie et le développement de l’enfant. Elles peuvent entraîner un retard de croissance, un état de dénutrition, ainsi qu’une altération de l’estime de soi liée à la maladie et aux contraintes thérapeutiques”, a fait savoir le spécialiste des maladies rénales chez l’enfant.

Sur le plan scolaire, ajoute-t-il, ces pathologies sont fréquemment responsables de “perturbations importantes, notamment sous forme d’absentéisme répété, pouvant dans certains cas conduire à un abandon scolaire”.

NSS/ABB/BK