Lymphœdème secondaire : 2 512 cas pris en charge entre 2021 et 2025 (officiel)
Lymphœdème secondaire : 2 512 cas pris en charge entre 2021 et 2025 (officiel)

SENEGAL-SANTE

Dakar, 6 mars (APS) – Quelque 2 512 cas de personnes souffrant de lymphœdème secondaire, pathologie désignant le gonflement d’un membre de façon durable, ont été recensés de 2021 à 2025 par le programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN), a-t-on appris du responsable du service de cardiologie de l’hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP), à Dakar.

‘’Pour le lymphœdème secondaire, 2 512 cas ont été pris en charge de 2021 à 2025. Le lymphœdème est un défaut de circulation de la lymphe. Cette entrave entraine une accumulation de cette lymphe au niveau d’un organe qui va se manifester par un gonflement au niveau des membres supérieurs ou inférieurs’’, a expliqué le professeur Maodo Diop.

Il faisait une présentation à l’occasion de la Journée mondiale des lymphœdèmes célébrée le 6 mars de chaque année, soulignant dans le même temps que cette maladie encore méconnue des populations peut être liée à un cancer. 

Au Sénégal, cette journée est célébrée pour la première fois cette année sous le thème : ‘’Le passé, le présent et le futur de la prise en charge du lymphœdème’’.

”Parmi dix femmes qui seront opérées d’un cancer du sein, les trois vont développer un lymphœdème au niveau des membres supérieurs. L’infection bactérienne est le premier facteur des lymphœdèmes nés des interventions chirurgicales’’, a fait savoir le docteur Maodo Diop, précisant que le lymphœdème peut être primaire ou secondaire, mais également congénital.

Lymphœdème secondaire : 2 512 cas pris en charge entre 2021 et 2025 (officiel)

 

Selon lui, cette pathologie est dite précoce entre 2 et 35 ans et tardive lorsqu’elle survient après 35 ans. Elle peut également être d’origine multifactorielle, pouvant résulter d’une obésité, d’un traumatisme, d’une chirurgie, d’une brûlure médicamenteuse et idiopathique, a ajouté l’angiologue et cardiologue.

Il a en outre relevé que les personnes souffrant de lymphœdèmes éprouvent un problème de compréhension et de prise en charge de leur pathologie. 

Evoquant la manifestation de cette maladie, le professeur Adama Dieng, spécialiste de la question et parrain de la journée de commémoration a indiqué qu’elle est reconnaissable de par son aspect inesthétique  

”Le lymphœdème se manifeste par un membre très volumineux empêchant le malade de se déplacer. Ce qui provoque une stigmatisation, un poids psychologique d’où la nécessité d’une prise en charge pluridisciplinaire’’, a-t-il souligné.

Lymphœdème secondaire : 2 512 cas pris en charge entre 2021 et 2025 (officiel)

Pour Mamadou Moustapha Diop, le directeur de la lutte contre la maladie (DLM) au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, venir à bout efficacement du lymphœdème nécessite une mobilisation collective des autorités sanitaires, des acteurs de la santé, des associations de patients, des partenaires techniques et financiers, des médias et des communautés.

”En conjuguant nos efforts, nous pourrons non seulement améliorer la prise en charge des patients, mais également renforcer la prévention et la sensibilisation afin de réduire l’impact de cette maladie dans notre pays’’, a-t-il dit.

La célébration de la Journée mondiale du lymphœdème constitue ainsi, à ses yeux, une opportunité importante pour attirer l’attention sur une affection chronique encore insuffisamment connue du grand public, mais dont l’impact sur la qualité de vie des personnes atteintes est considérable.

NSS/ABB/OID