SENEGAL-GOUVERNANCE
Dakar, 23 juin (APS) – L’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) se veut, après sa réforme survenue en 2025, ‘’moderne, structurée, plus proche du citoyen et orientée vers la détection des risques de corruption’’, en plus d’avoir ‘’une relation utile’’ avec les professionnels des médias, a assuré son président, Moustapha Ka, mardi, à Dakar.
L’OFNAC connaît depuis l’année dernière des changements majeurs. Par exemple, pour la première fois, les 12 membres de l’assemblée chargée de l’administrer ont été sélectionnés sur la base d’appels à candidatures, avant d’être nommés par le président de la République.
La réforme de l’institution chargée de prévenir et de lutter contre la corruption et les infractions similaires a été menée en même temps que l’adoption d’instruments juridiques majeurs, qui sont nécessaires à l’exercice de sa mission : les nouvelles lois encadrant la déclaration de patrimoine, le statut et la protection des lanceurs d’alerte, ainsi que l’accès à l’information.
Ces changements ouvrent la voie au ‘’repositionnement institutionnel’’ de l’OFNAC, a signalé Moustapha Ka, son président, au premier jour (mardi et mercredi) d’un atelier de formation de journalistes et de communicateurs traditionnels aux instruments de promotion de la transparence.
L’adoption de ces lois par les députés, en septembre 2025, font de l’OFNAC ‘’une institution moderne, structurée, plus proche du citoyen, davantage orientée vers la prévention stratégique, la détection des risques de corruption et la contribution à la répression des atteintes à la probité’’, a souligné M. Ka.
‘’Ces textes ne doivent pas rester confinés aux cercles administratifs ou juridiques. Ils ont vocation à être connus et compris par les citoyens, parce qu’ils touchent à des questions concrètes présentant un intérêt national, à savoir la transparence dans l’exercice des responsabilités publiques, mais aussi la responsabilité de chacun dans la construction d’une gouvernance plus saine’’, a-t-il expliqué aux journalistes et aux communicateurs traditionnels.
Une mobilisation plus large, fondée sur la prévention et la sensibilisation
Le président de l’Office national de lutte contre la corruption est d’avis que ‘’les médias doivent conserver toute leur liberté d’analyse, d’interpellation et d’investigation’’, dans la ‘’relation utile’’ qu’ils doivent entretenir avec cette institution.
‘’L’OFNAC, pour sa part, doit renforcer sa capacité à communiquer, à expliquer ses missions, à clarifier ses procédures et à rendre ses actions plus compréhensibles pour les citoyens’’, pense Moustapha Ka.
Le magistrat estime que ‘’c’est dans cet équilibre que peut se construire’’ le partenariat de cette ‘’institution de prévention et de lutte contre la corruption et les professionnels chargés d’informer l’opinion publique’’.
Il signale, par ailleurs, que ‘’la lutte contre la corruption est une mission exigeante, qui ne peut être envisagée uniquement sous l’angle institutionnel, administratif ou répressif’’.
‘’Elle suppose […] une mobilisation plus large, fondée sur la prévention, la sensibilisation, l’éducation citoyenne, la transparence de l’information et la responsabilité des acteurs publics comme privés’’, a ajouté le président de l’OFNAC.
Dans l’‘’écosystème’’ dont fait partie l’OFNAC déjà réformé, ‘’les médias occupent une place essentielle. Par leur capacité à informer, à expliquer, à investiguer et à porter les débats d’intérêt général auprès des populations, les journalistes contribuent à rendre les politiques publiques plus accessibles et l’action des institutions plus lisible’’, a dit M. Ka.
Il pense que ‘’cette responsabilité est d’autant plus grande que les sujets liés à la corruption ou à la déclaration de patrimoine sont souvent complexes et sensibles’’.
La réponse au phénomène de la corruption doit être ‘’globale’’
En plus, a relevé Moustapha Ka, ‘’leur traitement médiatique demande de la rigueur, de la prudence’’, mais aussi ‘’une bonne compréhension du cadre juridique et un sens élevé de l’éthique professionnelle’’.
L’atelier de formation des journalistes et des communicateurs traditionnels est consacré au nouveau dispositif national de prévention et de lutte contre la corruption, auquel sont associées la loi relative à la déclaration de patrimoine et celles consacrées à l’accès à l’information, au statut et à la protection des lanceurs d’alerte.
‘’Sur des sujets aussi sensibles que la corruption, la manière de traiter l’information peut contribuer soit à éclairer le débat public, soit, au contraire, à entretenir la confusion, les amalgames ou la défiance’’, a dit le président de l’OFNAC aux bénéficiaires de la formation.
‘’L’objectif de cet atelier est donc double. Il s’agit, d’une part, de renforcer votre compréhension des instruments juridiques récemment adoptés et, d’autre part, d’ouvrir un espace de dialogue sur les responsabilités professionnelles attachées au traitement médiatique des questions de corruption et de bonne gouvernance’’, a-t-il précisé.
À son avis, pour être efficace, la réponse au phénomène de la corruption doit être ‘’globale’’ et s’appuyer sur une information de qualité, capable d’aider les citoyens à comprendre les enjeux, à connaître leurs droits et à participer à la promotion de l’intégrité.
ESF/MTN
