Lupus : un universitaire souligne l’importance du diagnostic précoce pour prévenir toute complication
Lupus : un universitaire souligne l’importance du diagnostic précoce pour prévenir toute complication

SENEGAL-SANTE

Thiès, 9 mai (APS) – Le professeur Madocky Magatte Diop de l’UFR Sciences de la santé de l’Université Iba Der Thiam de Thiès, a insisté vendredi, sur l’importance d’un diagnostic précoce du lupus, une maladie auto-immune peu connue des Sénégalais, pour éviter ses complications comme l’insuffisance rénale.

Dans un entretien accordé à l’APS en prélude à la célébration de la Journée mondiale du lupus, commémorée le 10 mai de chaque année par la Société sénégalaise de médecine interne (SOSEMI), à travers le club des jeunes ‘’internistes’’ du Sénégal, le docteur Diop a levé un coin du voile sur cette maladie encore méconnue du grand public au Sénégal.

Cette  date est dédiée à la sensibilisation du grand public, des professionnels de santé et des décideurs à cette maladie auto-immune systémique grave et souvent méconnue.

‘’Le lupus est une affection dans laquelle le système immunitaire attaque ses propres tissus et organes. Ce qui lui vaut l’appellation de maladie auto-immune’’, a dit le médecin interne. 

Selon lui, le lupus provoque un gonflement et une irritation appelés inflammation, pouvant affecter les articulations, la peau, les reins, les globules sanguins, le cerveau, le cœur et les poumons.

‘’Le lupus est une maladie qui existe dans nos contrées, mais qui est encore méconnue du grand public’’, a relevé l’universitaire, qualifiant cette pathologie de ‘’bizarre de par sa physiopathogénie’’, c’est-à-dire qui s’attaque aux défenses de l’organisme et à l’organisme lui-même.

 ‘’Les anticorps qui sont censés nous protéger, par dérèglement s’attaquent à l’organisme’’, a-t-il fait savoir, plaidant pour un accès à des traitement adaptés.

Le lupus, a ajouté le professeur Diop est une pathologie  ‘’systémique’’, qui ‘’peut toucher beaucoup d’organes, de la tête aux pieds’’, n’épargnant ni le cuir chevelu, ni la peau, ni les articulations, ni les muscles, ni le cœur, ni les poumons, encore moins les reins.

Il a notamment alerté sur le diagnostic tardif qui aggrave la maladie et peut conduire celui qui en souffre à nécessiter une dialyse.

Le lupus est plus fréquent chez les femmes en âge de procréer, de la tranche d’âge 15-45 ans, avec une prévalence de ‘’neuf femmes pour un homme’’, a fait savoir le médecin.

Chez ces femmes, il se manifeste parfois par une hypofertilité, faisant qu’‘’elles ne peuvent pas donner naissance du fait d’avortements répétés’’, car ‘’le lupus peut être associé à une autre affection qui s’appelle le syndrome des antiphospholipides’’.

Le lupus est néanmoins curable, avec une surveillance au long cours, lorsqu’il est diagnostiqué précocement, a souligné le professeur Diop, insistant sur la sensibilisation.

‘’L‘hydroxychloroquine, une molécule très accessible peut aider le malade à améliorer sa qualité de vie’’, a-t-il dit, ajoutant que ‘’d’autres molécules plus efficaces, mais très chères ne sont pas encore très accessibles au Sénégal’’.

Le spécialiste exhorte ainsi les autorités sanitaires à rendre accessible ces molécules, tout en conseillant aux malades d’aller se faire consulter très tôt, ‘’quelle que puisse être la banalité des symptômes’’.

‘’Quel que soit le symptôme clinique, il fut le prenne en considération. Parfois, le lupus se manifeste par des anomalies au niveau de l’hémogramme, par une anémie inexpliquée, une thrombopénie, inexpliquée’’, a-t-il indiqué,  invitant les soignants à ‘’prendre  en considération tous les symptômes, dès qu’un malade met les pieds à l’hôpital’’.

Le professeur Diop a en outre insisté sur la sensibilisation, car, ‘’généralement, les gens confondent le lupus avec ce qu’ils appellent localement +ndokhoum siti+, alors qu’en réalité, une maladie plus grave se cache derrière’’.

BT/ADI/ABB